Essonne : Soupçonné d’être un pédophile, il est ligoté et roué de coups par deux inconnus puis livré à la police


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Deux « justiciers » ont tendu un piège à un homme détenteur d’images pédopornographiques, vendredi dernier. Ils l’ont violenté avant d’appeler la police et de disparaître.

C’est une enquête plutôt singulière qui a débuté vendredi dernier, à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne). Deux « justiciers » ont mené une expédition punitive contre un homme soupçonné de pédophilie, relate Le Parisien. L’affaire a débuté à la suite d’un appel d’urgence indiquant qu’un homme était retenu par deux individus au niveau de l’avenue du Canal, à proximité du Bois des Trous. Le requérant avait évoqué un enlèvement d’enfant.

Lorsque les policiers sont arrivés sur place, ils ont découvert la présence d’un homme de 36 ans, domicilié dans le secteur de Moissy-Cramayel (Seine-et-Marne), ligoté au niveau des poignets. Les fonctionnaires l’ont libéré et constaté qu’il présentait des traces de violences et une plaie saignante au visage. Les secours ont été alertés et l’ont pris en charge.

De victime, il se retrouve mis en cause

Dans le même temps, l’homme a été interrogé sur ce qui venait de se passer et a évoqué une agression, sans fournir de précisions, ajoutant que ses deux bourreaux avaient pris la fuite. Au sol à proximité du trentenaire, les policiers ont découvert son smartphone allumé, supportant la photo d’une mineure nue en fond d’écran. Cette découverte a conduit à son interpellation et à son placement en garde à vue.

Les investigations ont débuté. Cet homme, sous curatelle renforcée, faisait déjà l’objet d’une enquête depuis un an, menée par les policiers du commissariat de Moissy-Cramayel. Des perquisitions ont été menées par les enquêteurs, au cours desquelles son ordinateur et deux téléphones portables ont été saisis.


Un rendez-vous avec un mineur de 13 ans

Le trentenaire a confié aux policiers que, ce jour-là, il avait donné rendez-vous à un mineur de 13 ans dans l’unique but de discuter avec lui. Une analyse technique de son smartphone a mis en lumière qu’il avait proposé une rencontre à des mineurs de 10 à 13 ans et de poser nus contre de rémunération. Des photos pédopornographiques se trouvaient également dans la mémoire du téléphone.

L’affaire concernant la séquestration et les violences dont il a été victime est diligentée par le parquet d’Evry, tandis que le volet ayant trait à la détention d’images pédopornographiques et à la corruption de mineurs est dirigée par le parquet de Melun. Ce sont les policiers de la Sûreté départementale de Seine-et-Marne qui sont en charge de poursuivre les investigations sur ces derniers faits.

Le trentenaire a été laissé libre à l’issue de sa garde à vue. Il devrait faire l’objet de nouvelles auditions ultérieurement. Les deux enquêtes se poursuivent en parallèle.