Le mardi 19 mai 2026 à 12:06
Sept personnes ont été interpellées dans le cadre du démantèlement d'un réseau de trafic de stupéfiants opérant sur le darknet, qui disposait d'un laboratoire de fabrication d'ecstasy en Bourgogne. L'opération judiciaire a été menée le 4 mai 2026 par la Section de recherches (SR) de Marseille, sous l'autorité du parquet de Dijon (Côte-d'Or) et avec le concours des unités de Côte-d'Or. Plus de 203 kg de produits stupéfiants ont été saisis, pour une valeur marchande estimée à près de 2,2 millions d'euros.
L'enquête a débuté en juillet 2024, lorsqu'une boutique en ligne de produits stupéfiants baptisée "Doraemon" a été identifiée sur le darknet par les cyber-enquêteurs de l'Unité Nationale Cyber de Marseille. Saisi du dossier, le procureur de la République de Marseille a ouvert une enquête préliminaire et a confié les investigations à la SR de Marseille. Le dossier a ensuite été repris par le parquet de Dijon, en raison de la localisation des auteurs.
Plus de 2000 commandes en 7 mois
Les investigations ont permis d'établir que "les ventes s'effectuent notamment via un groupe Telegram". Plus d'une dizaine de produits stupéfiants étaient proposés à la vente, distribués depuis la France vers la métropole, l'outre-mer et plusieurs pays étrangers, dont l'Australie et Dubaï (Émirats arabes unis). Les enquêteurs ont estimé à au moins 2 000 le nombre de commandes passées en 7 mois, pour un chiffre d'affaires supérieur à 1,5 million d'euros.
Les investigations ont également permis de découvrir un laboratoire de fabrication d'ecstasy équipé de matériel industriel, dont une machine de compactage capable de produire plus de 13 000 comprimés par heure. Les perquisitions ont conduit à la saisie de 78 000 € en numéraire et 20 000 € en cryptomonnaies, d'une arme de poing et de munitions, d'objets de luxe, d'une machine industrielle de compactage et de plus de 203 kg de produits stupéfiants pour une valeur estimée à près de 2 200 000 €.
Une enquête qui se poursuit «dans sa dimension internationale»
Les 6 et 7 mai 2026, les mis en cause ont été présentés au juge d'instruction en vue de leur mise en examen. "L'enquête se poursuit, notamment dans sa dimension internationale", a précisé la Gendarmerie de la Côte-d'Or. De nombreuses unités ont été engagées aux côtés de la SR de Marseille : la SR de Dijon, la BR de Dijon et d'Is-sur-Tille, les compagnies de Dijon, Beaune et Is-sur-Tille, le PSIG de Côte-d'Or et de l'Yonne, l'EDCF 21, le GIC 21, l'AGIGN de Dijon, les réservistes de Côte-d'Or et l'IRCGN.
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a salué le travail des enquêteurs ce lundi 18 mai 2026. "Bravo aux enquêteurs de la Gendarmerie nationale qui ont démantelé en Bourgogne un réseau particulièrement structuré de production et de trafic de stupéfiants", a-t-il écrit sur le réseau social X. Le ministre a souligné que ce réseau, "capable de fabriquer jusqu'à 13 000 cachets d'ecstasy par heure et de transformer une dizaine de drogues de synthèse, écoulait sa production en France, mais aussi à l'international via le darknet, notamment vers l'Australie et Dubaï". Il a conclu : "Toutes mes félicitations pour ce travail remarquable !"
#contrelenarcotrafic | Bravo aux enquêteurs de la @Gendarmerie nationale qui ont démantelé en Bourgogne un réseau particulièrement structuré de production et de trafic de stupéfiants.
Capable de fabriquer jusqu’à 13 000 cachets d’ecstasy par heure et de transformer une dizaine…
— Laurent Nuñez (@NunezLaurent) May 18, 2026
Un marché des drogues illicites en forte expansion en France
Ce démantèlement intervient dans un contexte de forte expansion du marché des drogues illicites en France. Selon une note de l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), publiée le 8 décembre 2025 en partenariat avec la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA), le marché français des drogues illicites a été évalué à 6,8 milliards d'euros en moyenne en 2023, contre 2,3 milliards en 2010, soit une hausse de 189%. Le marché de l'ecstasy/MDMA a quant à lui progressé de 637% depuis 2010.