Argenteuil : Un lycéen blessé à un œil dénonce un tir de LBD, l'IGPN saisie

Le parquet de Pontoise affirme que deux policiers auraient riposté avec leur lanceur de balles de défense à des tirs de mortiers. L'adolescent, hospitalisé à Paris, dénonce un tir de LBD. L'IGPN a été saisie.
Argenteuil : Un lycéen blessé à un œil dénonce un tir de LBD, l'IGPN saisie
Illustration. (Shutterstock)
Par Actu17
Le vendredi 2 octobre 2026 à 12:23

Un lycéen de 16 ans a été blessé à l'œil jeudi 1er octobre en fin de matinée à Argenteuil (Val-d'Oise), en marge d'un rassemblement organisé dans le cadre du mouvement lycéen. Selon ses déclarations, il aurait été touché par un tir de lanceur de balles de défense (LBD). Le parquet de Pontoise a ouvert une enquête pour "violences avec arme par personne dépositaire de l'autorité publique" et l'a confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). D'après le procureur de la République, deux policiers auraient fait usage de leur LBD après avoir été visés par des tirs de mortiers.

Jeudi, entre 300 et 400 jeunes venus de plusieurs établissements de la ville se sont rassemblés devant le lycée Julie-Victoire-Daubié, bloqué depuis 05h30. Pancartes à la main, ils réclamaient davantage de moyens pour leurs lycées. Vers 11h15, les policiers sont intervenus pour disperser la foule à l'aide de gaz lacrymogène, a raconté au Parisien une élève de Julie-Victoire-Daubié présente sur place. "Tout le monde s'est mis à courir", a-t-elle décrit.

Parmi les manifestants se trouvait un élève de seconde du lycée Georges-Braque, un autre établissement d'Argenteuil. D'après la jeune fille, il a été touché boulevard Jean-Lurçat. "Il s'est retourné et a pris quelque chose dans l'œil", a-t-elle assuré. Elle l'a décrit au sol, sur le point de perdre connaissance tant la douleur était vive. Plusieurs jeunes l'ont ensuite porté jusqu'à la Maison pour tous, sur la dalle d'Argenteuil. Le SAMU l'y a pris en charge avant de le transporter dans un hôpital parisien. "Il n'avait vraiment rien de menaçant, dans son sac, il ne transportait que des cours", a affirmé la témoin.

«En riposte», deux policiers ont fait usage de leur LBD

Dans un communiqué diffusé dans la soirée, le procureur de Pontoise a détaillé les circonstances ayant précédé les tirs. L'adolescent dénonce auprès des enquêteurs "un tir de LBD" qui l'a conduit "vers un établissement hospitalier de Paris". Le magistrat indique qu'un affrontement s'est produit "en fin de matinée sur la Dalle d'Argenteuil". Des fonctionnaires déployés en maintien de l'ordre près des lycées Julie-Victoire-Daubié et Fernand-et-Nadia-Léger auraient fait face "à deux jeunes hommes situés à une vingtaine de mètres d'eux qui avaient tiré en leur direction des mortiers". "En riposte, deux policiers porteurs de LBD faisaient usage de ceux-ci. Les projectiles atteignaient les deux jeunes hommes qui prenaient ensuite la fuite", poursuit le procureur.

La description du lycéen hospitalisé "semblait correspondre à celle d'un des deux individus qui avaient été impliqués", ajoute le magistrat. Le parquet précise toutefois que ces premiers éléments doivent encore être vérifiés. Des investigations médico-légales doivent permettre de déterminer la nature exacte des blessures de l'adolescent et l'incapacité totale de travail (ITT) qui pourrait en découler.

Quatrième enquête de l'IGPN depuis le début du mouvement

Dès jeudi, le député LFI de la circonscription, Paul Vannier, a effectué un signalement au procureur de la République au titre de l'article 40 du code de procédure pénale, après avoir reçu plusieurs témoignages d'habitants. "L'auteur de ce tir doit être immédiatement identifié", a-t-il réclamé dans un communiqué, en appelant le gouvernement à la "désescalade".

Il s'agit de la quatrième enquête confiée à l'IGPN depuis le début de la mobilisation lycéenne, après des faits survenus à Saint-Ouen-l'Aumône, Sevran (Seine-Saint-Denis) et Tours (Indre-et-Loire).