Saint-Ouen-l'Aumône : Un lycéen blessé au visage par un tir de lanceur Cougar à bout portant, l'IGPN saisie

Une enquête a été confiée à l'IGPN après le tir d'un policier qui a touché un lycéen au visage, lors d'un blocus dans le Val-d'Oise. L'adolescent a eu plusieurs dents cassées.
Saint-Ouen-l'Aumône : Un lycéen blessé au visage par un tir de lanceur Cougar à bout portant, l'IGPN saisie
Un lycéen a été blessé par un tir de lanceur Cougar à Saint-Ouen-l'Aumône, ce lundi 28 septembre 2026. (capture écran vidéo / DR)
Par Stéphane Cazaux
Le lundi 28 septembre 2026 à 18:36

Un lycéen a été sérieusement blessé à la bouche, atteint à bout portant par un tir de lanceur Cougar d'un policier, ce lundi matin à Saint-Ouen-l'Aumône (Val-d'Oise), en marge des débordements qui ont eu lieu autour du lycée professionnel Château d'Épluches. De nombreux lycées ont fait l'objet de blocus partout en France, à la suite d'appels lancés sur les réseaux sociaux et d'actions similaires déjà menées en fin de semaine dernière.

Les faits se sont déroulés en milieu de matinée et ont été filmés par plusieurs témoins. Sur des images diffusées sur les réseaux sociaux et vues des centaines de milliers de fois, on aperçoit l'adolescent, vêtu de noir et portant un sac à dos, venir au contact direct de trois policiers en tenue de maintien de l'ordre. Une policière lui donne un coup de tonfa (une matraque rigide), manifestement pour le forcer à s'éloigner. Le lycéen réplique par un coup de pied. Un second policier fait alors usage de son lanceur Cougar et tire. Le projectile atteint en plein visage le jeune homme, qui s'effondre, avant d'être secouru par d'autres jeunes.

Il montre qu'il a perdu plusieurs dents

Dans une deuxième vidéo publiée sur Snapchat, le blessé s'exprime face à son téléphone. Il a la bouche en sang, montre qu'il a perdu plusieurs dents et s'en prend aux policiers, qu'il insulte.

«Le mineur portait des coups à cette fonctionnaire»

Sollicité, le procureur de la République de Pontoise, Guirec Le Bras, indique que "ce jour vers 10h30 devant le lycée les Épluches de Saint-Ouen-l'Aumône dans le cadre du mouvement lycéen, un lycéen venait au contact d'une fonctionnaire de police, cheffe d'unité".

Le magistrat ajoute : "Des premiers éléments recueillis et résultant de l'exploitation d'images, le mineur portait des coups à cette fonctionnaire qui le repoussait. Le mineur tombait à terre et un second policier présent faisait usage de son lanceur dit «Cougar» et tirait sur le lycéen qui recevait un projectile au niveau du visage. Il était transporté au centre hospitalier de Pontoise et présentait des dents cassées".

Deux enquêtes ouvertes, dont une confiée à l'IGPN

Deux enquêtes ont été ouvertes, poursuit le magistrat : "une enquête de flagrance confiée à l'IGPN qui se déplace immédiatement – dans l'attente de l'IGPN, la cellule déontologie procède aux dépistages alcool et stupéfiants, à la saisie de l'arme et à la récupération des vidéos", ainsi qu'"une enquête de flagrance confiée au commissariat de Cergy sur les faits de violences sur dépositaire de l'autorité publique".

Débordements et violences partout en France

Des débordements ont eu lieu devant de nombreux lycées en France ce lundi matin, en région parisienne, mais également à Marseille, dans l'agglomération lyonnaise, dans la région lilloise ou encore à Grenoble. À Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), au moins huit personnes ont été interpellées tandis qu'au moins cinq policiers ont été blessés, selon nos informations.

Interrogé en fin de journée place Beauvau, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a dénoncé des "violences urbaines", précisant qu'environ 180 établissements scolaires ont été concernés en France et 164 personnes interpellées. L'ancien préfet de police de Paris a pointé La France insoumise (LFI) comme étant responsable de cette montée de violences, ajoutant que des "individus cagoulés" munis de "mortiers d'artifice" ont participé à ces débordements. En outre, 61 établissements scolaires ont été concernés vendredi dernier lors des blocus, tandis que 78 personnes ont été interpellées, a ajouté le ministre.