Le samedi 24 octobre 2026 à 19:10
La famille de Pengo Bossio Wangi, un combattant amateur de MMA âgé de 26 ans tué par balles ce vendredi lors de l'attentat de Trappes et La Verrière (Yvelines), veut savoir pourquoi le tireur présumé n'a fait l'objet d'aucun signalement préventif. Dans un communiqué, son avocat, Me Yassine Bouzrou, réclame la communication de tous les éléments relatifs au suivi de l'auteur présumé et n'exclut pas de rechercher la responsabilité administrative de l'État. Les proches de la victime demandent aussi que l'enquête retrace le parcours de radicalisation de l'homme et les sources idéologiques auxquelles il a été exposé.
L'assaillant, âgé de 39 ans, est soupçonné d'avoir ouvert le feu à l'arme automatique sur six sites différents de Trappes et de La Verrière, vendredi matin. Le parquet national antiterroriste (PNAT) a détaillé vendredi soir son parcours et a révélé que son appartement était piégé avec trois bouteilles de gaz reliées à un minuteur. Pengo Bossio Wangi a été mortellement touché square Louis Pergaud, à Trappes. Cinq autres personnes ont été blessées, dont une fillette de 12 ans, qui était toujours dans un état grave ce samedi.
Un sportif «présent, respectueux»
Né le 12 septembre 2000 à Poissy, Pengo Bossio Wangi a grandi dans les Yvelines, où il a notamment été scolarisé au collège Gustave Courbet de Trappes. Il pratiquait le MMA en amateur et s'entraînait régulièrement à la Atch Academy d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), une salle réputée de la discipline en France. D'après L'Équipe, il comptait sept combats amateurs, pour trois victoires et quatre défaites, et combattait chez les poids mi-moyens et moyens.
Sur les réseaux sociaux, son club a rendu hommage à un sportif "présent, respectueux, toujours prêt à pousser les autres vers le haut". "C'était vraiment un très bon mec", a confié à L'ÉquipeStéphane Chaufourier, le patron de la Atch Academy. Agathon Ebessa, qui l'a affronté à deux reprises en 2024, garde le souvenir d'"un bon gars, un vrai rival".
Une marche blanche aura lieu dimanche à 10 heures pour rendre hommage à Pengo Bossio Wangi. Elle partira de la mairie d'Aubervilliers.
Pengo BOSSIO WANGI
C'est avec une immense tristesse et une profonde stupeur que la famille ATCH Academy a appris la disparition de Pengo, tombé aujourd'hui à Trappes dans l'attaque qui a frappé notre pays.
Pengo faisait partie des nôtres. ️ https://t.co/baEjNNr7aT— ATCH ACADEMY (@atchacademy) October 23, 2026
«Aucun signalement préventif»
Dans son communiqué, Me Yassine Bouzrou évoque "l'attentat raciste commis par un terroriste d'extrême droite". "Selon les informations disponibles à ce stade, l'auteur présumé était détenteur d'armes de guerre et était déjà connu des services de police et de la justice", affirme l'avocat. Le casier judiciaire du tireur présumé porte trace de quatre condamnations réhabilitées de plein droit, selon le PNAT. Lors de son interpellation, les policiers ont découvert un pistolet-mitrailleur de type Sten dans sa voiture.
"La famille demande que soient déterminées avec précision les conditions dans lesquelles cet individu n'a fait l'objet d'aucun signalement préventif, alors même que son armement et son profil auraient dû attirer l'attention des services compétents", écrit Me Yassine Bouzrou. "Elle demande la communication de l'ensemble des éléments relatifs au suivi, ou à l'absence de suivi, dont il a fait l'objet, et se réserve le droit de rechercher toute responsabilité administrative susceptible d'être engagée à raison d'une défaillance établie", poursuit-il.
Les proches de la victime souhaitent également que l'enquête établisse "de manière exhaustive" le parcours de radicalisation du mis en cause, "ainsi que les sources idéologiques auxquelles il a été exposé". La famille relève que les thèses racistes du "grand remplacement" et "les propos de stigmatisation de populations en raison de leur origine ou de leur religion font l'objet, depuis plusieurs années, d'une diffusion dans certains espaces médiatiques et politiques, y compris lors de la campagne électorale en cours". Selon elle, ce contexte devra être "documenté et évalué dans le cadre de la procédure".
Trois gardes à vue dans l'entourage du tireur présumé
Le PNAT a ouvert une enquête notamment des chefs d'assassinat et de tentatives d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance que les faits ont été commis à raison de l'appartenance vraie ou supposée des victimes à une prétendue race, une ethnie, une nation ou une religion déterminée. La garde à vue de l'homme de 39 ans, qui peut durer jusqu'à 96 heures, a été prolongée ce samedi matin "après une première audition", a indiqué le parquet. "Une analyse de sang destinée à permettre de déterminer son imprégnation toxicologique est toujours en cours", a précisé le PNAT.
"Trois mesures de garde à vue ont été prises hier soir et dans la nuit parmi les membres de son entourage familial et amical", a également fait savoir le parquet ce samedi matin.