Biarritz : Deux animateurs d'un centre de loisirs mis en examen pour agression sexuelle et corruption de mineur, seize enfants concernés

Seize enfants âgés de 3 et 4 ans sont au cœur de cette enquête ouverte par le parquet de Bayonne. Douze d'entre eux sont reconnus à ce stade comme de potentielles victimes.
Biarritz : Deux animateurs d'un centre de loisirs mis en examen pour agression sexuelle et corruption de mineur, seize enfants concernés
Illustration. (HJBC / Shutterstock)
Par La Rédaction
Le vendredi 24 juillet 2026 à 11:56

Deux animateurs d'un centre de loisirs de Biarritz (Pyrénées-Atlantiques) ont été mis en examen ce jeudi 23 juillet pour des faits d'agression sexuelle et de corruption de mineur. Seize très jeunes enfants, âgés de 3 et 4 ans, sont au cœur de cette enquête ouverte par le parquet de Bayonne, dont douze sont reconnus à ce stade comme de potentielles victimes. Les agissements dénoncés se seraient déroulés entre le 1er juillet 2025 et le 16 juillet 2026. Les deux hommes, qui contestent les faits reprochés, ont été placés sous contrôle judiciaire.

Le parquet de Bayonne a ouvert une enquête préliminaire le 12 juillet, après le signalement des parents d'un enfant de trois ans et demi. Leur fils s'était confié à eux de lui-même et avait mis en cause un éducateur du centre de loisirs sans hébergement Mouriscot pour des faits qu'ils ont dénoncés comme un viol. Les investigations ont été confiées aux enquêteurs du commissariat de Biarritz.

L'audition du jeune garçon a été menée par des professionnels spécialisés. "L'enfant était rapidement entendu dans un cadre adapté par l'Unité d'accueil pédiatrique enfants en danger (UAPED) sous la conduite de professionnels spécialisés (un enquêteur spécialisé dans le recueil de la parole de l'enfant, un médecin légiste de l'unité médico-judiciaire et un psychologue). L'enfant évoquait des actes susceptibles de revêtir la qualification d'agressions sexuelles, sans relater cependant des faits pouvant caractériser un viol", a détaillé le parquet dans un communiqué.

Au fil des investigations, menées "dans un temps très court", d'autres familles se sont manifestées pour rapporter ce que leurs propres enfants leur avaient confié. Quatre plaintes ont été déposées à ce stade, un nombre "susceptible d'évoluer", selon le ministère public. Douze des seize enfants concernés sont reconnus comme de potentielles victimes d'agressions sexuelles ou de corruption de mineurs. Les autres n'ont pas fait état d'actes à caractère sexuel, mais certains présentent des symptômes traumatiques et doivent encore être entendus dans le cadre de l'UAPED.

Un saisonnier de 21 ans et un titulaire de 36 ans

Le plus jeune des deux animateurs mis en cause, âgé de 21 ans, occupe un poste saisonnier au sein de la structure depuis 2025. Son collègue de 36 ans y est en revanche animateur titulaire, en poste depuis deux ans. Ni l'un ni l'autre n'est connu de la justice. Les deux hommes ont été interpellés le mardi 21 juillet, à leur domicile respectif, qui a fait l'objet d'une perquisition, avant d'être placés en garde à vue. La mesure a été prolongée le lendemain. Ils contestent les faits reprochés et restent présumés innocents.

Une information judiciaire a été ouverte. Les deux animateurs ont été mis en examen, l'un pour agression sexuelle sur mineur de 15 ans au préjudice d'un enfant de 4 ans, l'autre pour corruption de mineur sur ce même enfant, rapporte Sud Ouest. Neuf autres enfants sont concernés par le dossier, mais la juge d'instruction a considéré que les éléments recueillis ne réunissaient pas, à ce stade, les indices graves ou concordants exigés par la loi. Sur ce volet, les deux hommes ont été placés sous le statut de témoin assisté. Un statut "susceptible d'évoluer en fonction des nouveaux éléments apportés à l'enquête", a souligné le parquet de Bayonne.

Le ministère public réclamait leur placement en détention provisoire. La juge d'instruction ne l'a pas suivi et a préféré les laisser libres, sous contrôle judiciaire. Les deux animateurs ne peuvent plus paraître dans le département des Pyrénées-Atlantiques, ni entrer en contact avec les mineurs et leurs parents. Toute activité en lien avec des mineurs leur est également interdite, de même que la fréquentation des lieux accueillant des enfants et toute sortie du territoire national.

Une centaine de parents devant la mairie

Le centre de loisirs Mouriscot est géré par la Ville de Biarritz. La municipalité a suspendu de leurs fonctions les deux agents concernés dès connaissance des faits. Un troisième animateur a lui aussi été écarté par mesure de précaution, alors que rien ne le met en cause à ce stade de la procédure, selon la justice.

En parallèle, le parquet s'est tourné vers l'Association citoyenneté-justice Pays basque pour qu'une cellule de crise soit ouverte "immédiatement" au bénéfice des familles. Le mécontentement s'est aussi exprimé dans la rue : ils étaient une centaine, ce jeudi à la mi-journée, à se rassembler devant l'hôtel de ville de Biarritz. Ces parents reprochent "le silence" de la direction du centre, qui n'a pas répondu aux sollicitations de Sud Ouest.