Le mercredi 30 septembre 2026 à 20:12
Le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a saisi la justice contre le maire LFI de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Bally Bagayoko, en raison de son comportement et de ses déclarations lors du mouvement de blocage des lycées. Le représentant de l'État a adressé un signalement au procureur de la République de Bobigny, au titre de l'article 40 du Code de procédure pénale, pour "des faits présumés de provocation à commettre un délit", a fait savoir son entourage ce mercredi à l'AFP.
Dans ce signalement, Patrice Faure s'appuie en premier lieu sur les propos tenus par l'élu devant les journalistes. "Ces déclarations de la part d'un élu, qui présentent la réaction violente comme pouvant être une réponse compréhensible ou légitime à l'action des forces de l'ordre, sont susceptibles d'être interprétées comme une justification des violences commises dans le cadre de la mobilisation", estime le préfet de police, selon son entourage. Il considère que ces paroles, associées à l'attitude du maire, peuvent contribuer à banaliser la violence et les dégradations auprès des jeunes mobilisés, et relever du délit de provocation aux crimes et délits.
Le haut fonctionnaire pointe également une attitude qui lui "apparaît pour le moins ambiguë". "Monsieur Bagayoko a été filmé, hilare, dansant à proximité d'une poubelle en feu, tandis qu'une foule de jeunes scandait son prénom. Une telle attitude peut être perçue comme une forme de validation, à tout le moins symbolique, des dégradations commises", souligne-t-il, d'après les propos de son entourage rapportés par BFMTV.
«La violence peut être légitime»
Bally Bagayoko s'est rendu lundi 28 et mardi 29 septembre au lycée Paul-Éluard, à Saint-Denis, pour afficher son soutien aux élèves mobilisés. Interrogé par les médias sur les tensions survenues devant plusieurs établissements, l'élu a évoqué des tirs de Flash-Ball de la part des policiers. "Quand on est un jeune de 15-16 ans, quand on vous balance un Flash-Ball sur l'abdomen ou sur le visage, forcément il y a un élan de solidarité", a-t-il affirmé. "S'il y a des provocations, ils vont réagir. Vous, si je vous mets une gifle, vous allez réagir", a poursuivi le maire, estimant que "la violence peut être légitime, mais chaque fois qu'on peut l'éviter c'est mieux".
Le préfet de police saisit la justice contre Bally Bagayoko pour « provocation à commettre un délit » notamment après sa phrase :
« La violence peut être légitime mais chaque fois qu’on peut l’éviter c’est mieux ».La séquence en intégralité : pic.twitter.com/Tde3QJ8DHc
— CLPRESS / Agence de presse (@CLPRESSFR) September 30, 2026
Les déclarations du maire ont également fait réagir Valérie Pécresse. La présidente de la région Île-de-France, compétente pour l'entretien des lycées, a transmis à la mairie de Saint-Denis la facture des travaux de réparation du portail du lycée Paul-Éluard, dont le montant atteint 100 000 euros.
Je vais envoyer au maire de Saint-Denis Bally Bagayoko la facture des 100 000€ du remplacement du portail du lycée Paul Eluard, des frais de gardiennage et de nettoyage du site. Les Français ne veulent plus payer des impôts pour réparer ce que des casseurs, chauffés à blanc par… https://t.co/qBsGu9vy8T
— Valérie Pécresse (@vpecresse) September 29, 2026