Le mercredi 2 septembre 2026 à 14:13
Un homme de 47 ans a été retrouvé mort à son domicile de Charleville-Mézières (Ardennes), victime de violences d'une extrême gravité révélées par une vidéo diffusée sur Snapchat. Un homme de 37 ans et sa compagne, âgée de 27 ans, ont été mis en examen dans la soirée de mardi 1er septembre 2026 par un juge d'instruction du pôle criminel de Reims (Marne) pour meurtre accompagné d'actes de torture et de barbarie, a annoncé le procureur de la République. Tous deux ont été écroués et encourent la réclusion criminelle à perpétuité.
Tout est parti d'un appel passé le 27 août, vers 13 heures. Selon le magistrat, "une femme voulant conserver l'anonymat appelait le commissariat de police de Charleville-Mézières pour indiquer qu'elle venait de voir une vidéo sur Snapchat dans laquelle un homme était violemment agressé et agonisait sur le sol". L'appelante a reconnu la voix de l'agresseur. Les fonctionnaires ont alors identifié la victime, âgée de 47 ans et "déjà connue de leur service".
Les policiers se sont rendus à son domicile, où ils ont découvert son corps sans vie. L'autopsie, pratiquée le 29 août, a mis en évidence "des traumatismes très sévères, sur le visage, au niveau cervical ayant obstrué ses voies aériennes, mais aussi thoraciques avec fractures des côtes".
Un homme au casier judiciaire chargé de 36 condamnations
Le quadragénaire "avait également subi de très graves violences sexuelles, et son sexe avait été mutilé", précise le communiqué. La mort n'a pas été immédiate : "Il n'était manifestement pas mort sur le coup, et la vidéo retrouvée le montrait d'ailleurs agonisant tandis que son agresseur lui donnait de violents coups de pieds au visage."
L'heure du décès a pu être resserrée grâce aux riverains. "Des témoins du voisinage confirmaient avoir entendu des bruits de disputes dans la nuit du 26 au 27 août entre 3 heures et 5 heures du matin, ce qui devait s'avérer correspondre avec l'heure du décès", indique le parquet.
La voix du principal mis en cause a été formellement identifiée par une ancienne compagne, ainsi que par sa propre sœur. Âgé de 37 ans, il est très défavorablement connu de la justice : "son casier judiciaire ne mentionnait pas moins de 36 condamnations, essentiellement pour des violences, mais aussi des vols et des infractions routières".
Une autre ex-compagne s'est présentée aux policiers. Elle a expliqué que l'homme était venu chez elle le 26 août vers 8h30, "qu'il était alcoolisé et présentait des traces de sang sur son pantalon". Il lui a simplement dit "s'être battu" avant de s'endormir à son domicile. Vers 16 heures, elle a reçu la vidéo des faits et l'a immédiatement mis à la porte.
Les enquêteurs ont ensuite appris que le mis en cause avait rendez-vous le 26 août au service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP) de Charleville-Mézières, dans le cadre d'un sursis probatoire en cours. Une personne présente ce jour-là leur a indiqué qu'une jeune fille de 17 ans, sans domicile fixe et proche de lui, avait assisté à la scène, "qu'elle avait très peur et portait des vêtements ensanglantés". Rapidement identifiée, l'adolescente a été placée en garde à vue.
La soirée où le mis en cause a «vrillé»
C'est son récit qui a permis de reconstituer la soirée. Le mis en cause, sa compagne du moment et elle avaient rejoint la victime pour passer une soirée ensemble. "Ils avaient consommé de l'alcool de façon massive, mais également de la cocaïne et du 'C', mélange de cocaïne et d'ammoniac", rapporte le procureur. Selon la mineure, la victime aurait proposé à la compagne du trentenaire des relations sexuelles en échange de produits stupéfiants. La soirée a alors dérapé et, selon ses termes, l'homme a "vrillé", s'en prenant au quadragénaire qu'il accusait de viols.
S'en est suivi, toujours selon le témoignage de l'adolescente, "un déchaînement de violences dépassant l'entendement, puisque tous deux s'acharnaient sur la victime, le frappant à coups de pieds, de ventilateur, de meubles tout en filmant la scène". Le mis en cause aurait ensuite retourné la victime, avec l'aide de sa compagne, pour lui faire subir des violences sexuelles. La jeune fille a affirmé n'avoir pas assisté aux faits de mutilation sexuelle. Elle a dit avoir été terrifiée par la scène. Son téléphone lui a été pris et jeté à terre, où il a été retrouvé cassé par les enquêteurs. Elle a été mise hors de cause par la suite de l'enquête et remise en liberté.
La compagne du mis en cause, 27 ans, a elle aussi été identifiée et placée en garde à vue. Elle a partiellement reconnu sa participation, tout en évoquant "des oublis". Elle a accusé la mineure d'avoir porté des coups, mais des SMS échangés avec son compagnon "pouvaient laisser penser qu'elle allait accuser la mineure pour se couvrir", relève le parquet. Si elle a nié avoir commis des violences, elle a confirmé les faits d'agressions sexuelles. Elle a également soutenu que l'adolescente subissait des viols quotidiens de la part de la victime, ce que la jeune fille a totalement nié et que rien dans l'enquête n'est venu étayer. Son casier judiciaire mentionne une condamnation en 2026 pour des faits de violences aggravées.
Interpellé dans l'Hérault, il reconnaît les violences
Le principal mis en cause a été localisé chez une autre petite amie, qui a prévenu les forces de l'ordre. Il a été interpellé par les militaires de la gendarmerie à Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault), près de Montpellier, le 29 août à 23h40. En garde à vue, il a reconnu les violences et s'est identifié sur les vidéos diffusées sur Snapchat, évoquant des viols commis par la victime en échange de stupéfiants, "sur fond d'alcoolisation massive et de consommation non moins massive de stupéfiants". Il a accusé la mineure d'y avoir participé, comme cela semblait avoir été convenu par SMS avec sa compagne, et ne s'est pas exprimé sur les violences et la mutilation sexuelles.
Le couple a été mis en examen dans la soirée pour "meurtre avec cette circonstance que les faits ont été accompagnés ou suivis d'un autre crime, en l'espèce des actes de tortures et de barbarie". Conformément aux réquisitions du parquet, un mandat de dépôt criminel a été prononcé à leur encontre et tous deux ont été écroués.