Le mercredi 28 janvier 2026 à 15:57
Une conductrice de bus Divia a été violemment agressée mardi 27 janvier au soir, peu avant minuit, à Dijon (Côte-d'Or). Un homme d'une trentaine d'années l'a menacée, gazée et frappée au visage pendant de longues minutes, avant de la forcer à conduire sur la rocade. Grâce à son sang-froid, la victime a pu déclencher l'alerte, permettant à la police d'intercepter le véhicule. L'agresseur, connu des services de police pour des troubles graves du comportement, a été interpellé et placé en garde à vue, a appris Actu17.
Les faits se sont produits sur la ligne 3, qui relie Épirey Cap Nord à Fontaine d'Ouche, dans le quartier des Grésilles. La conductrice, une femme d'une cinquantaine d'années comptant plus de 25 ans d'ancienneté, était seule dans son véhicule lorsque l'homme est monté à bord. L'agresseur l'a d'abord menacée et aspergée de gaz, puis l'a frappée au visage à plusieurs reprises tout en l'obligeant à prendre la direction de la rocade. Malgré les coups, elle est parvenue à activer le système d'alerte du bus.
Une brigade canine, qui se trouvait à proximité, s'est aussitôt lancée à la poursuite du véhicule. En apercevant les gyrophares, la conductrice a actionné le freinage d'urgence. À leur arrivée, les fonctionnaires ont dû séparer l'agresseur, qui n'avait pas cessé de frapper la victime.
Une enquête a été ouverte, a confirmé le procureur de la République de Dijon, Olivier Caracotch. Une expertise psychologique doit être réalisée afin de déterminer le degré de responsabilité du mis en cause. La conductrice, blessée au visage mais sans blessure grave, a porté plainte dans la nuit. Elle est décrite comme "fortement choquée" par le syndicat UNSA Divia. Elle bénéficie d'un accompagnement médical, psychologique et juridique.
«Tous les jours, on reçoit des agressions physiques et verbales»
Dans un communiqué, l'UNSA Divia a salué "le professionnalisme, le sang-froid, et le courage exemplaire" de sa collègue, qui "a su adopter les bons réflexes dans une situation d'extrême violence". Le syndicat dénonce par ailleurs une situation qui n'est pas isolée. "Tous les jours, on reçoit des agressions physiques et verbales, parce que l'on ne s'est pas arrêtés au stop, que l'on demande à quelqu'un de baisser la musique qui gêne les autres usagers, ou d'enlever ses pieds des sièges", déplore Julien Scheid, représentant de l'UNSA, à Ici. Des faits d'autant plus fréquents en soirée et "dans un quartier sensible", ajoute-t-il. Et lorsque l'on est une femme, c'est encore pire : "Les conductrices ont parfois peur de sortir pour aller aux toilettes, car elles ne se sentent pas en sécurité".
De son côté, Laurent Calvalido, directeur général de Keolis Dijon Multimodalité, a réagi auprès du Bien Public : "Nos premières pensées vont à notre collègue. Nous saluons son courage et son sang-froid face à cette grave agression, et la réactivité des équipes de la police de même que celle de nos régulateurs. La sécurité de nos collaborateurs et de nos passagers demeure notre priorité absolue".
Une cellule d'aide psychologique a été mise en place pour l'ensemble des salariés, et un CSE extraordinaire a été convoqué jeudi à 11 heures. La maire de Dijon, Nathalie Koenders, et le président de la métropole, François Rebsamen, ont affirmé dans un communiqué que "la violence contre les agents du service public est inacceptable et [que] leur protection est un impératif".