Le samedi 28 février 2026 à 15:05
Une gendarme de 34 ans est soupçonnée d'avoir soutiré environ un million d'euros à un riche retraité alors qu'elle était en poste en Charente. Mise en examen en mai 2025, cinq de ses proches ont été mis en examen à leur tour, jeudi 26 février, pour "recel" et "blanchiment", selon une source proche du dossier.
Les faits remontent à 2022. À l'époque, la jeune femme exerce à la brigade territoriale de Hiersac, à l'ouest d'Angoulême (Charente). Elle fait la connaissance d'un retraité de 87 ans, installé dans un village charentais après avoir fait carrière dans l'agro-industriel dans le Nivernais, selon le quotidien Charente Libre, qui a révélé l'affaire. Les deux se lient d'amitié. La gendarme lui rend des services, fait son ménage et ses courses. Puis elle aurait commencé à abuser de la faiblesse de cet homme âgé en détournant des louis d'or et des actions en bourse, pour un préjudice estimé à environ un million d'euros.
Au sein de la brigade, le train de vie de la militaire n'était pas passé inaperçu. Ses collègues avaient été "intrigués" "de la voir arriver en Porsche à la brigade de Hiersac", a confié un ancien collègue au quotidien local.
Le retraité est décédé en avril 2025
Devenue officier de police judiciaire en février 2024, selon un arrêté du Journal officiel, la gendarme a été interpellée en mai 2025. Elle a été mise en examen puis écrouée durant plusieurs semaines, avant d'être remise en liberté sous contrôle judiciaire, selon une source proche du dossier. Elle n'exerce plus le métier de gendarme. Le retraité est, quant à lui, décédé en avril 2025 à l'âge de 90 ans.
Fin février, cinq membres de sa famille ont été interpellés par les gendarmes de la brigade de recherches de Cognac : sa mère, deux de ses sœurs et ses deux anciens compagnons. Les arrestations ont eu lieu entre la Normandie, dont la gendarme est originaire, et la Charente. Ces proches sont soupçonnés d'avoir bénéficié de cadeaux payés avec l'argent généré par cet abus de faiblesse, notamment des bijoux, des maillots de bain et même des prêts, selon Charente Libre.
Jeudi 26 février, ils ont été mis en examen pour "recel" et "blanchiment" et placés sous contrôle judiciaire, avec l'interdiction d'entrer en contact les uns avec les autres. L'information judiciaire se poursuit. Le parquet d'Angoulême n'a pas souhaité s'exprimer sur cette affaire, à ce stade. L'abus de faiblesse est puni de trois ans de prison et de 375 000 euros d'amende.