Évry : Un élève de 8 ans en situation de handicap menace sa maîtresse de «l'égorger» et la frappe au sol

Menacée de mort puis frappée pendant la récréation, une professeure des écoles de l'Essonne s'est vu prescrire 7 jours d'ITT. Ses collègues ont fait grève et le ministre de l'Éducation nationale a réagi ce jeudi.
Évry : Un élève de 8 ans en situation de handicap menace sa maîtresse de «l'égorger» et la frappe au sol
Le groupe scolaire Jacques-Tati à Evry-Courcouronnes. (Google view)
Par Actu17
Le jeudi 24 septembre 2026 à 19:36

Une professeure des écoles d'Évry-Courcouronnes (Essonne) a été agressée par un élève de 8 ans en situation de handicap, le 11 septembre dernier. Menacée de mort puis frappée alors qu'elle se trouvait au sol, l'enseignante s'est vu prescrire 7 jours d'incapacité totale de travail (ITT). Ses collègues du groupe scolaire Jacques-Tati ont cessé le travail ce mardi pour dénoncer l'absence de sanction. Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a réagi ce jeudi 24 septembre.

L'enseignante a raconté la scène au Parisien, qui a révélé l'affaire. Les faits se sont produits pendant la récréation. Chargée de la surveillance de la cour, elle a vu l'enfant frapper une camarade, blessée au menton et au genou. Elle a exigé qu'il présente des excuses à la fillette, en le prévenant que le directeur serait informé de son comportement. Le garçon s'est alors emporté contre elle : "Il s'est mis à me crier dessus : je vais te tuer, je vais t'égorger en faisant le geste."

L'élève l'a ensuite fait chuter, puis lui a porté plusieurs coups. Une collègue, qui a tenté de s'interposer, a également été frappée à coups de pied. Il a fallu l'intervention d'une troisième enseignante pour maîtriser l'enfant.

«Un tel geste ne peut pas rester impuni»

Arrêtée pendant sept jours, la professeure a repris le chemin de l'école le lundi 21 septembre. Selon l'académie de Versailles, elle a déposé plainte. Elle ne comprend pas qu'aucune mesure n'ait été prise contre l'élève : ses parents ont été convoqués, sans autre suite. "Ça veut dire quoi ? Que taper une prof, c'est OK ? Un tel geste ne peut pas rester impuni", a-t-elle réagi auprès du Parisien.

Plusieurs enseignantes avaient déjà été prises pour cible par l'élève, tout comme certains de ses camarades. D'après le quotidien, l'une d'elles a été insultée par le garçon, qui lui a aussi arraché les cheveux. Une autre a porté plainte en juin dernier, après avoir reçu un coup de pied dans la main alors qu'elle tentait de lui reprendre une tablette. "On ne peut pas être 250 personnes au sein du groupe scolaire à souffrir à cause d'un enfant. Malheureusement, l'école n'est pas faite pour lui", a confié cette dernière au quotidien francilien.

Les enseignants du groupe scolaire ont lancé un mouvement de grève le mardi 23 septembre pour soutenir leur collègue. L'école a rouvert ses portes aux élèves ce jeudi.

Le ministre évoque un enfant «très handicapé»

Interrogé par BFMTV ce jeudi, Édouard Geffray a dénoncé des actes et des propos "inqualifiables", en rappelant qu'"on ne touche pas à un professeur". Le ministre de l'Éducation a toutefois souligné la situation particulière de cet élève, "très handicapé" selon lui. "On n'est pas dans l'hypothèse d'un enfant qui est en pleine connaissance de cause, qui, de manière pleinement consciente, aurait voulu agresser un professeur. Ce n'est pas un phénomène construit et parfaitement conscient", a-t-il déclaré.

La Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) a orienté le garçon vers un Institut thérapeutique, éducatif et pédagogique (ITEP), mais aucune place ne s'est encore libérée pour lui. Le ministre a annoncé avoir saisi l'agence régionale de santé (ARS) : "J'ai demandé à l'académie de Versailles et au directeur de l'ARS de travailler ensemble pour trouver de manière urgente une place d'accueil en ITEP pour ce jeune garçon."

Le rectorat de Versailles a souligné qu'aucune sanction disciplinaire n'est prévue à l'école primaire. L'emploi du temps de l'élève a été aménagé. L'enseignante et ses collègues ont reçu la visite d'une conseillère pédagogique et d'une psychologue de l'Éducation nationale. Des recrutements d'accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) sont en cours dans le département, "avec une priorité d'affectation pour le groupe scolaire Jacques-Tati". Une nouvelle réunion était prévue ce jeudi pour définir les adaptations à mettre en place autour de l'élève. Elle doit être suivie d'un conseil des maîtres en fin de semaine, qui fixera l'intervention d'enseignants spécialisés auprès de l'équipe.