Incendies : 32 personnes interpellées dans 22 départements, annonce Laurent Nuñez

Le ministre de l'Intérieur a fait cette annonce ce samedi 11 juillet sur le réseau social X, alors que plus de 25 000 hectares ont déjà brûlé en France depuis le mois de janvier. Plusieurs procédures judiciaires visent déjà des suspects, dont trois adolescents dans l'Ain.
Incendies : 32 personnes interpellées dans 22 départements, annonce Laurent Nuñez
Laurent Nuñez à Villepinte, le 18 juin 2026. (Spech / Shutterstock)
Par Actu17
Le samedi 11 juillet 2026 à 13:54

Laurent Nuñez, le ministre de l'Intérieur, a annoncé ce samedi 11 juillet l'interpellation de 32 individus soupçonnés d'être à l'origine de départs de feu, dans 22 départements. Une annonce faite sur X, alors que la France affronte depuis le début de l'été une multiplication des incendies, sur fond de canicule. Plus de 25 000 hectares ont déjà brûlé sur le territoire national depuis le mois de janvier.

"32 individus suspectés d'être à l'origine de départs de feu ont été interpellés dans 22 départements. Ces comportements inacceptables qui génèrent des conséquences désastreuses et mobilisent nos sapeurs-pompiers au péril de leurs vies, relèvent désormais de la Justice", a écrit le ministre de l'Intérieur. Il a également rappelé que depuis le début de l'été, la gendarmerie "est engagée dans les opérations de lutte contre les feux de forêts pour appuyer les manœuvres de confinement et d'évacuation, surveiller et enquêter". Laurent Nuñez a conclu son message par un avertissement : "Nous poursuivrons notre action déterminée et nous ne laisserons rien passer."

Quelques minutes plus tôt, Emmanuel Macron avait lui aussi publié un message sur X, rappelant que neuf départs de feu sur dix sont dus à une activité humaine. "Chacun a une responsabilité. Soyons vigilants", a écrit le chef de l'État.

Plusieurs procédures judiciaires en cours

Des enquêtes ont déjà été ouvertes ces derniers jours. À Perpignan (Pyrénées-Orientales), un homme âgé d'une quarantaine d'années a été placé en garde à vue le jeudi 9 juillet. Plusieurs personnes l'avaient vu se comporter de manière étrange à proximité de l'endroit où le feu venait de naître, avant qu'il ne quitte les lieux, rapporte l'Agence France-Presse. Dans l'Hérault, deux hommes de 21 et 27 ans ont par ailleurs été interpellés le dimanche 5 juillet, soupçonnés d'être à l'origine de plusieurs incendies.

Une autre affaire concerne des mineurs. Deux adolescents de 15 et 16 ans sont soupçonnés d'avoir provoqué l'incendie qui a ravagé une grande partie du château de Divonne-les-Bains (Ain), le 28 juin dernier. Ils ont été mis en examen le 2 juillet pour destruction du bien d'autrui par un moyen dangereux. Un troisième mineur, du même âge, fait lui aussi l'objet d'une mise en examen, pour n'avoir pas cherché à maîtriser les flammes. Les trois jeunes gens ont été placés sous contrôle judiciaire, selon la procureure de Bourg-en-Bresse.

Une saison des feux d'une intensité inédite

Ces interpellations interviennent alors que la saison des feux connaît un début d'une "exceptionnelle intensité", selon le directeur général de la Sécurité civile et de la gestion des crises, qui s'exprimait vendredi 10 juillet lors d'une conférence de presse. Plus de 25 000 hectares ont été détruits par les flammes et plus de 8 000 départs de feu ont été recensés depuis le mois de janvier. La surface parcourue par le feu correspond au "double de ce qui était mesuré l'année dernière à la même date et même supérieure à 2022".

Ces derniers jours, plusieurs incendies majeurs se sont déclarés. Les flammes ont parcouru 4 900 hectares dans les Pyrénées-Orientales, 4 000 hectares dans la Drôme et 900 hectares dans l'Indre. Le risque reste très élevé pour le week-end : 61 départements sont placés en vigilance orange pour risque élevé de feu ce samedi par Météo-France, et 63 le seront dimanche, tandis que la Haute-Garonne passera en vigilance rouge. Avant 2026, le maximum de départements concernés par ces niveaux de vigilance était de 29, précise l'institut. Des sols asséchés, l'absence de pluie et un thermomètre au plus haut, en pleine vague de chaleur, alimentent ce risque.