Attaque à la bombe à Monaco : la principale suspecte retrouvée morte, enterrée près de Kiev

Recherchée par Interpol après l'attaque à la bombe qui a visé un oligarque ukrainien à Monaco, la principale suspecte a été retrouvée enterrée près de Kiev, tuée par balle. Deux hommes ont été interpellés, dont un officier du renseignement militaire ukrainien.
Attaque à la bombe à Monaco : la principale suspecte retrouvée morte, enterrée près de Kiev
Anastasiia Berezovska a été retrouvée morte en Ukraine. (Interpol)
Par Actu17
Le mardi 7 juillet 2026 à 11:47

Anastasiia Berezovska, la ressortissante ukrainienne de 39 ans soupçonnée d'avoir déposé la bombe qui a visé l'oligarque Vadim Ermolaev et sa famille à Monaco, a été retrouvée morte, enterrée dans la région de Kiev (Ukraine). Sa dépouille a été découverte dans la nuit de ce lundi 6 juillet, alors qu'elle était recherchée par Interpol depuis quelques jours seulement. D'après les informations de la presse ukrainienne, la principale suspecte de l'attaque monégasque a été tuée par balle, et deux personnes ont déjà été interpellées dans le cadre de l'enquête ouverte sur ce meurtre.

C'est aux abords de Kiev que le corps d'Anastasiia Berezovska a été exhumé lundi soir, aux alentours de 23 heures, selon le média ukrainien Ukraïnska Pravda, qui évoque une mort par balle. Toujours d'après ce média, la suspecte se trouvait hors d'Ukraine du 22 mars 2025 au 1er juillet 2026, ce qui laisse penser qu'elle est rentrée sur le sol ukrainien quelques jours seulement avant d'y être tuée.

Toujours selon une source d'Ukraïnska Pravda au sein des forces de l'ordre, deux hommes ont d'ores et déjà été arrêtés dans cette affaire de meurtre. L'un d'eux appartient toujours à la direction principale du renseignement (HUR), le service secret rattaché au ministère de la Défense ukrainien. L'autre a exercé par le passé au sein des forces de l'ordre.

Une attaque à la bombe le 29 juin

L'attaque qui a visé Vadim Ermolaev a eu lieu le 29 juin. Anastasiia Berezovska est soupçonnée d'avoir déposé un engin explosif au pied de l'appartement de l'homme d'affaires, rue du Révérend Père Louis Frolla, puis de l'avoir déclenché à distance au moment où le multimillionnaire et sa famille ont regagné les lieux. Vadim Ermolaev, 58 ans, sa compagne Anna Nasobina et le fils de cette dernière, âgé de 13 ans, ont tous les trois été grièvement blessés. Selon Nice-Matin, Anna Nasobina, la plus lourdement touchée, a dû être amputée des deux jambes.

D'après nos confrères, Vadim Ermolaev, soigné à Marseille, est depuis sorti du coma et son état est jugé plus stable. Le pronostic d'Anna Nasobina reste en revanche défavorable : transportée à l'hôpital à Nice (Alpes-Maritimes) dans un état extrêmement grave, elle a reçu des transfusions sanguines massives, et les médecins craignent qu'elle ne perde la vue, l'ouïe et la parole.

Le rebondissement de l'enquête est venu de la vidéosurveillance. Les enquêteurs ont d'abord cru avoir affaire à un homme coiffé d'un épais bob noir, avant d'identifier une femme de nationalité ukrainienne. Interpol a alors diffusé une notice rouge visant Anastasiia Berezovska, née en 1987, recherchée pour tentative d'assassinat, dépôt d'un engin explosif sur la voie publique et association de malfaiteurs. Après les faits, elle a gagné Beausoleil, côté français, avant de filer vers l'Italie et l'Allemagne, vraisemblablement via l'Autriche ou la Suisse, à bord d'une voiture de location. La police allemande a perquisitionné son domicile de Francfort (Allemagne), sans l'y trouver.

La piste des services de renseignement ukrainiens

Magnat de l'immobilier originaire de Dnipro, en Ukraine, Vadim Ermolaev avait troqué sa citoyenneté ukrainienne contre un passeport chypriote dès 2019, avant de s'installer à Monaco. Kiev l'a placé sous sanctions en 2022, lui reprochant notamment d'avoir poursuivi la vente de vin de Crimée après l'annexion de la péninsule par la Russie en 2014. Ses proches sont eux aussi soupçonnés d'avoir pris part à un vaste trafic adossé à des centres d'appels frauduleux implantés dans cette même ville. Dès le lendemain de l'attaque, les enquêteurs monégasques et français ont orienté leurs investigations vers l'Ukraine, en particulier vers une possible implication de ses services secrets.

C'est ce même média, Ukraïnska Pravda, qui s'était déjà illustré en août 2022 en révélant le train de vie de fortunés Ukrainiens réfugiés dans la principauté monégasque loin du front, un groupe surnommé "Bataillon Monaco".