Laits infantiles rappelés : trois décès de nourrissons recensés en France, des enquêtes judiciaires ouvertes

Le ministère de la Santé a annoncé ce mercredi qu'un troisième décès de nourrisson avait été signalé dans l'affaire des laits infantiles rappelés. Quatorze hospitalisations sont également recensées. Aucun lien de cause à effet n'est établi à ce stade.
Laits infantiles rappelés : trois décès de nourrissons recensés en France, des enquêtes judiciaires ouvertes
Du lait infantile en poudre. (Illustration / Shutterstock)
Par Actu17
Le jeudi 12 février 2026 à 00:39

Trois décès de nourrissons ayant consommé du lait infantile visé par des rappels sont désormais recensés en France. Le ministère de la Santé a communiqué un nouveau point de situation mercredi 11 février, indiquant que des enquêtes judiciaires ont été ouvertes pour chacun de ces décès. A ce stade, aucun lien de cause à effet n'a été scientifiquement établi.

"Au 11/02/2026, trois signalements de décès de nourrissons ont été portés à la connaissance des autorités sanitaires françaises chez des enfants pour lesquels la consommation de laits infantiles concernés par les retraits-rappels a été rapportée", a indiqué le ministère. "A ce jour, aucun caractère d'imputabilité n'a été établi scientifiquement. Des enquêtes judiciaires sont en cours pour ces signalements."Deux de ces décès sont survenus à Angers (Maine-et-Loire) et Bordeaux (Gironde), chacun faisant l'objet d'une enquête pénale distincte. Un troisième décès a conduit à l'ouverture d'une nouvelle enquête judiciaire. Au total, 14 hospitalisations pour suspicion de consommation de produits concernés ont été recensées, contre 11 lors du précédent bilan, ainsi qu'une cinquantaine de signalements auprès des agences régionales de santé.

Le ministère a demandé aux parents dont les enfants ont présenté des symptômes graves nécessitant une hospitalisation de conserver les boîtes de lait dans un endroit sécurisé et d'effectuer un signalement sur la plateforme Signal Conso, en précisant la marque et le numéro de lot.

Cette communication intervient au lendemain de révélations de la Cellule investigation de Radio France, selon lesquelles les autorités sanitaires orientaient jusqu'ici les familles d'enfants malades vers le groupe Nestlé pour faire analyser les produits incriminés. Une procédure en dehors de tout cadre juridique dénoncée par 24 familles devant le tribunal judiciaire de Paris.

Une action en justice contre l'État et les fabricants

L'affaire des laits infantiles dure depuis mi-décembre. Nestlé avait procédé à un premier rappel de dizaines de lots dans une soixantaine de pays en raison de la présence potentielle de céréulide, une toxine pouvant causer des vomissements parfois dangereux chez un nourrisson. Une cascade de rappels similaires avait suivi, impliquant des industriels comme Danone ou Lactalis, ainsi que des acteurs plus petits de ce marché. Début février, les autorités européennes ont abaissé les seuils tolérés de céréulide, provoquant une nouvelle vague de rappels.

Par ailleurs, l'ONG Foodwatch et plusieurs familles ont intenté une action en justice contre l'État et les fabricants, accusés d'avoir trop tardé à mener les rappels et à informer le public. La France est le seul pays européen à avoir enregistré des décès après consommation avérée des laits concernés. D'autres pays ont toutefois signalé des hospitalisations, notamment une trentaine au Royaume-Uni, là encore sans lien établi de cause à effet. Une enquête sanitaire est en cours en France pour déterminer si les décès peuvent être attribués aux laits consommés. Ses résultats sont encore attendus.