Le numéro 2 du RAID soupçonné de harcèlement sexuel, l'IGPN ouvre une enquête

Soupçonné de harcèlement sexuel par plusieurs femmes de l'unité d'élite, le numéro 2 du RAID fait l'objet d'une enquête prédisciplinaire de l'IGPN. La police nationale l'a confirmé à Actu17 ce mercredi.
Le numéro 2 du RAID soupçonné de harcèlement sexuel, l'IGPN ouvre une enquête
Un véhicule du RAID, le 16 novembre 2023 à Lillers, dans le Pas-de-Calais. (Illustration / Ludovic Maillard / PhotoPQR / Maxppp)
Par Stéphane Cazaux
Le mercredi 27 mai 2026 à 17:01

Une enquête administrative prédisciplinaire a été ouverte par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) à l'encontre du numéro 2 du RAID, Philippe G., soupçonné de harcèlement sexuel au sein de l'unité d'élite de la police nationale. Cette procédure fait suite aux soupçons révélés par nos confrères du Parisien. Son ouverture a été confirmée à Actu17 par le service d'information et de communication de la police nationale (SICOP) ce mercredi.

Contacté par notre rédaction, le SICOP a confirmé l'existence de cette enquête, sans toutefois préciser sa date d'ouverture. "Une enquête administrative prédisciplinaire a été ouverte par l'IGPN, pour déterminer si les faits rapportés constituent ou pas des manquements au code de déontologie et aux obligations du policier", indique le service de communication. Il ne s'agit donc pas, à ce stade, d'une procédure disciplinaire : la police des polices doit d'abord établir si des fautes ont été commises.

Plusieurs femmes décrivent des comportements inappropriés

Les soupçons portent sur des comportements et des propos du commissaire général Philippe G., jugés inappropriés à l'égard de plusieurs femmes affectées au sein de l'unité. D'après Le Parisien, une dizaine d'entre elles, en poste dans les différentes antennes du RAID, ont rapporté de tels agissements visant le numéro 2 de l'unité. Toujours selon le quotidien, les faits qui ont déclenché l'affaire remontent au début du mois de mai : une conductrice de la direction, peu habituée à la boîte de vitesses manuelle du véhicule, aurait été très mal à l'aise après que le numéro 2 a posé sa main sur la sienne lors d'un contact prolongé.

Plusieurs sources ont confirmé à Actu17 ces soupçons au sein du RAID, dont le quartier général est installé à Bièvres (Essonne), ainsi que la tenue, la semaine dernière, d'une réunion consacrée à ce sujet. Selon nos confrères, après avoir été alerté, le patron de l'unité, le contrôleur général Guillaume Cardy, a organisé une confrontation au cours de laquelle son adjoint aurait reconnu une partie des faits devant l'une des jeunes agentes concernées.

«Désormais, la parole commence à se libérer»

Plusieurs membres du RAID dénoncent, dans les colonnes du Parisien, une volonté d'étouffer l'affaire. Selon eux, des pressions auraient été exercées pour qu'aucune plainte ni aucun rapport écrit ne soit déposé. L'agente à l'origine du signalement, qui passe actuellement un concours de la police nationale, aurait elle-même été incitée par d'autres fonctionnaires à ne pas porter plainte. "Désormais, la parole commence à se libérer", confie l'un d'eux au quotidien.

À ce stade, et alors que l'enquête de l'IGPN ne revêt qu'un caractère prédisciplinaire, aucune sanction n'a été prononcée. Selon Le Parisien, Philippe G. occupe toujours son poste de numéro 2 du RAID.

Fondé en 1985, le RAID (recherche, assistance, intervention, dissuasion) est une unité d'élite de la police nationale qui a notamment participé à la sécurisation des Jeux olympiques de Paris 2024. Personnel administratif compris, plus de 500 fonctionnaires y travaillent.