Le samedi 15 août 2026 à 20:43
Un homme de 32 ans a été mis en examen pour meurtre et placé en détention provisoire, samedi en fin d'après-midi, après la mort d'un homme de 29 ans poignardé dans la nuit du jeudi 13 au vendredi 14 août à Saint-Quentin-le-Verger (Marne), un village de 112 âmes situé à quelques kilomètres au sud de Sézanne. Devant les enquêteurs, le mis en cause a reconnu avoir "voulu tuer" et a affirmé ne rien regretter, a indiqué le procureur de la République de Reims, François Schneider. Ouverte par le parquet de Châlons-en-Champagne, l'affaire a été reprise par celui de Reims, où siège le pôle criminel compétent pour le ressort.
Les secours ont été appelés vers 3 heures du matin pour un homme décrit comme "entre la vie et la mort", selon la procureure de la République de Châlons-en-Champagne, Annick Browne. Les sapeurs-pompiers ont tenté de le réanimer sans succès. Il a succombé à ses blessures une à deux heures plus tard. Il présentait plusieurs plaies aux bras et dans le dos, causées par une arme blanche, a précisé France 3.
Une soirée qui bascule
Les faits se sont produits à l'intérieur d'une maison familiale, sur la rue principale du village. Selon L'Union, qui a révélé l'affaire, la victime était l'un des fils de la famille qui occupe cette habitation.
Le déroulé de la soirée a été détaillé par le parquet de Reims à partir des déclarations du mis en cause. Ce dernier s'était rendu avec un ami chez des connaissances de celui-ci pour boire un verre. "Il semble que les propos des participants aient mis en colère le mis en cause qui avait bu du whisky coca", a exposé François Schneider.
L'homme s'en serait alors pris à la mauvaise personne. "Il voulait, toujours selon lui, s'en prendre au père de famille mais s'en est pris au fils et l'a poignardé avec un couteau qu'il avait dans la poche", a poursuivi le magistrat. "Il était ensuite rentré chez lui et a appelé la police."
Un «profil très particulier et inquiétant»
Le mis en cause n'a exprimé aucun remords au cours de la procédure. "Il reconnaît avoir voulu tuer et ne regrette rien", a souligné le procureur de la République de Reims, qui a décrit un homme "alcoolisé et sous stups, profil très particulier et inquiétant avec un antécédent psychiatrique non vérifié pour l'instant".
Le parquet de Châlons-en-Champagne avait ouvert une enquête en flagrance du chef d'homicide volontaire, dont il avait saisi la brigade de recherches d'Épernay. La magistrate de permanence s'était rendue sur les lieux durant la nuit. Les investigations initiales ont rapidement orienté les militaires vers cet homme de 32 ans, interpellé tôt vendredi matin puis placé en garde à vue dans les locaux de la brigade de recherches. Une autopsie devait être pratiquée lundi pour déterminer l'origine exacte du décès.
Vendredi, la procureure de la République de Châlons-en-Champagne appelait encore à la prudence. "Les circonstances des faits, pour le moment, sont trop floues", indiquait Annick Browne, qui rappelait qu'il ne s'agissait à ce stade que d'un suspect présumé innocent. Une information judiciaire a finalement été ouverte le lendemain à Reims.
Le village sous le choc
Dans cette commune du sud de la Marne, le perron de la maison était encore maculé de sang au lendemain des faits. "J'ai été réveillée par les pompiers à 3 heures du matin", a raconté à L'Union la maire du village, Patricia Bertaut, qui a précisé que la famille avait "accueilli ce soir-là des gens extérieurs au village pour la soirée". Vers 11 heures, des militaires de la gendarmerie de Sézanne ont mené un porte-à-porte afin de recueillir d'éventuels témoignages.