Toulouse : L'agresseur des policiers municipaux écroué, ce qu'il a dit aux enquêteurs

Le parquet de Toulouse a écarté la piste terroriste. Le suspect, un ressortissant italien de 30 ans, dit avoir obéi à des voix. Deux des trois policiers municipaux avaient été blessés lors de l'attaque au couteau du 10 août.
Toulouse : L'agresseur des policiers municipaux écroué, ce qu'il a dit aux enquêteurs
Le suspect a été difficilement maîtrisé par les policiers municipaux. (capture écran vidéo / DR)
Par Actu17
Le mercredi 12 août 2026 à 20:59

Deux jours après l'attaque au couteau contre trois policiers municipaux en plein centre-ville de Toulouse (Haute-Garonne), la garde à vue de l'assaillant, levée dans la nuit de lundi à mardi, a finalement été reprise mardi soir puis prolongée mercredi matin. Déféré ce mercredi 12 août, ce ressortissant italien de 30 ans, né à Gênes, a été placé en détention provisoire dans le cadre d'une information judiciaire ouverte pour tentative de meurtre sur personnes dépositaires de l'autorité publique. Le Parquet national antiterroriste (PNAT) n'a pas retenu sa compétence : entendu par les enquêteurs, l'homme a livré des explications écartant toute motivation islamiste et déclaré avoir obéi à des voix. C'est ce qu'a annoncé le procureur de la République de Toulouse, David Charmatz, dans un communiqué ce mercredi.

Les faits se sont produits le 10 août vers 18 heures, rue d'Austerlitz. Selon le récit du parquet, l'individu a hélé un véhicule de la police municipale et menacé ses occupants en brandissant un couteau. "Les 3 fonctionnaires sortaient de leur véhicule pour l'interpeller mais l'individu leur assénait alors des coups avec son arme, qui s'avérait être un couteau à huîtres, tout en criant à plusieurs reprises « Allah akbar »", détaille le communiqué.

Deux des trois policiers municipaux, une femme et un homme, ont été touchés aux bras. "Notamment protégés par leurs équipements de sécurité, ils ne subiront pas de blessures graves et se verront accorder 2 jours d'ITT par les UMJ", précise le procureur. La troisième fonctionnaire, une femme, n'a pas été atteinte. L'un des agents a été touché à la carotide par la pointe de la lame, selon une source proche de l'affaire.

Un second couteau à huîtres et un couteau multifonctions

La patrouille est malgré tout parvenue à interpeller son agresseur. "Malgré cette attaque, les policiers municipaux parvenaient à maîtriser l'individu qui était interpellé et trouvé porteur d'un second couteau à huîtres et d'un couteau multifonctions", indique le communiqué.

L'homme avait été placé en garde à vue dans les locaux de la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS), saisie par le parquet "compte tenu de la possible motivation terroriste de cet acte", dans le cadre d'une enquête de flagrance. Cette mesure avait été levée parce que son état était jugé médicalement incompatible avec la mesure de contrainte, et suivie de son transfert aux urgences psychiatriques de l'hôpital Purpan. L'identification de l'assaillant a par ailleurs nécessité "de nombreuses recherches" dans les fichiers de police à l'échelle européenne.

Le suspect dit avoir «obéi à des voix»

Ses auditions ont fait basculer l'orientation de l'enquête. "Entendu, il donne des explications qui excluent tout caractère islamiste à son acte mais témoignent d'une personnalité très perturbée sur le plan psychiatrique puisqu'il évoque avoir obéi à des voix", rapporte le procureur de la République.

Ces propos ont conduit à un examen par l'unité de psychiatrie légale du CHU de Toulouse. Le rapport "ne conclut pas à l'abolition de son discernement mais suggère qu'une expertise psychiatrique soit réalisée à distance des faits, et au vu de son dossier médical antérieur en Italie où il aurait bénéficié de soins", poursuit le communiqué. En conséquence, le PNAT n'a pas retenu sa compétence. Dans le message accompagnant son communiqué, David Charmatz a précisé que rien n'est encore connu "de ses possibles antécédents en Italie".

À l'issue de sa garde à vue, le suspect a fait l'objet d'une information judiciaire ouverte du chef criminel de tentative de meurtre sur trois personnes dépositaires de l'autorité publique. Il a été placé en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention (JLD), conformément aux réquisitions du parquet. Une expertise psychiatrique sera ordonnée par le magistrat instructeur pour évaluer sa responsabilité au sens de l'article 122-1 du code pénal.

Le «remarquable sang-froid» des policiers salué

Le procureur de la République a tenu à saluer le comportement des trois agents. "Il faut souligner le remarquable sang-froid dont ont fait preuve les policiers municipaux qui n'ont pas fait usage de leur arme de service lors de ces faits, malgré la violence de l'agression dont témoigne la vidéo qui circule sur les réseaux sociaux", écrit-il. Face à la foule présente autour d'eux, les fonctionnaires avaient eu recours à leur bâton télescopique de défense, puis à une projection de gaz lacrymogène, qui avait mis fin à l'attaque. Ils bénéficient du soutien de leur service pour leur prise en charge, et le protocole Victime Gravement Traumatisée mis en œuvre par France Victimes 31 leur a également été proposé.