Mulhouse : Une piñata en forme de voiture de police détruite dans une école d'art, enquête ouverte

Le préfet du Haut-Rhin a saisi la justice après une performance étudiante lors de laquelle une piñata représentant une voiture de police a été détruite. Le ministre de l'Intérieur et plusieurs élus ont vivement réagi.
Mulhouse : Une piñata en forme de voiture de police détruite dans une école d'art, enquête ouverte
Une étudiante, les yeux bandés, frappe sur la piñata en carton représentant une voiture de police, lors de la fête organisée à la Haute École des Arts du Rhin de Mulhouse, le 29 janvier 2026. (capture écran / DR)
Par Actu17
Le vendredi 30 janvier 2026 à 20:48 - MAJ vendredi 30 janvier 2026 à 21:00

Une enquête judiciaire pour "outrage" aux forces de l'ordre et au drapeau tricolore a été ouverte après une performance artistique à la Haute École des Arts du Rhin de Mulhouse (Haut-Rhin). Lors d'une fête étudiante, une piñata en carton représentant une voiture de police a été détruite à coups de bâtons. Le préfet du Haut-Rhin a saisi la justice, soutenu par le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

Les faits se sont produits ce jeudi 29 janvier. Selon le procureur de la République de Mulhouse Nicolas Heitz, une quarantaine de personnes participaient à cette fête étudiante. Sur une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, on peut voir deux personnes aux yeux bandés frapper une piñata en carton figurant une voiture de police, sous les applaudissements du public. Des élèves ont ensuite lu des messages "déshonorant l'action des policiers", selon le préfet. Les policiers du commissariat de Mulhouse, en charge de l'enquête, ont également visionné une photo montrant "un drapeau tricolore avec l'inscription 'Police nationale' éventré en son milieu", a précisé le procureur.

«La Justice est saisie»

Dans un communiqué, le préfet du Haut-Rhin Emmanuel Aubry a dénoncé des "attaques indignes à l'encontre de la police nationale". "Mettre en scène le saccage d'un véhicule de police est indigne et ne rend pas compte des services que rendent les forces de l'ordre à nos concitoyens. La Justice est saisie ; elle fera son œuvre", a-t-il déclaré. Le représentant de l'État a ajouté que "ce triste épisode, qui ne grandit pas ceux qui y ont participé, fournit l'opportunité de réaffirmer mon soutien sans équivoque à la police républicaine, pleinement engagée dans ses missions difficiles, au service de la sécurité de la population".

Emmanuel Aubry a tenu à rappeler plusieurs exemples récents illustrant l'engagement des policiers. Le 29 janvier, un drone a permis de localiser un enfant autiste perdu dans la forêt de la Hardt avec des intentions suicidaires. Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, un commandant de police a été blessé après avoir été visé par des tirs de mortier à Mulhouse. Le 22 février 2025, l'action concertée de la police nationale et de la police municipale avait permis d'interpeller rapidement un terroriste qui venait d'attaquer un homme. Deux policiers avaient été gravement blessés à cette occasion.

«Commis par des étudiants dans une école publique, ces faits sont d'autant plus choquants»

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a réagi sur le réseau social X. Informé des faits "dès hier soir", il a demandé au préfet de saisir la justice. "Commis par des étudiants dans une école publique, ces faits sont d'autant plus choquants", a-t-il estimé, avant d'ajouter : "Il ne faut pas laisser passer cette idéologie antiflics."

Le président des Républicains Bruno Retailleau a dénoncé "l'idéologie d'extrême gauche qui gangrène une partie de nos institutions". "Honte à ceux qui banalisent la violence contre nos forces de l'ordre", a-t-il écrit. La maire de Mulhouse Michèle Lutz (ex-LR) a convoqué le directeur de l'école, rappelant que l'établissement est financé par des fonds publics, dont ceux de la Ville de Mulhouse. "Je considère que la liberté d'expression, y compris artistique, ne peut permettre et justifier tous les outrages", a-t-elle affirmé. Fustigeant un "énième appel à la haine [...] contre les policiers", la candidate du Rassemblement national (RN) à la mairie Christelle Ritz a réclamé au Conseil régional du Grand-Est la suspension d'une subvention accordée à l'école, sans succès.

«La Police nationale mérite respect et reconnaissance, pas l'humiliation symbolique»

"Brûler ou détruire symboliquement un véhicule de la Police nationale, ce n'est pas de l’art. Ce n'est pas du courage. C'est une provocation lâche, confortable, sans risque", dénonce le syndicat de police Un1té sur X. "Pendant que certains jouent aux artistes, les policiers font face à la violence réelle sur le terrain tous les jours. La Police nationale mérite respect et reconnaissance, pas l'humiliation symbolique".

Selon une participante ayant requis l'anonymat auprès de l'AFP, cette performance visait à dénoncer "les violences et les dérapages des forces de l'ordre, mais à l'international", sans viser spécifiquement la police française. Il s'agissait également de "s'interroger sur les formes de carnavals", a-t-elle expliqué.