Noisiel : Sept interpellations, un policier blessé et l'IGPN saisie après une soirée de violences

Le procureur de la République de Meaux a annoncé mardi matin l'ouverture de trois enquêtes après une soirée de tensions à Noisiel, en Seine-et-Marne. Une vidéo d'interpellation visionnée plus de deux millions de fois sur X a notamment conduit à la saisine de l'IGPN.
Noisiel : Sept interpellations, un policier blessé et l'IGPN saisie après une soirée de violences
Une interpellation a été filmée à Noisiel ce lundi soir. (capture écran vidéo / DR)
Par La Rédaction
Le mardi 17 mars 2026 à 12:10

Trois hommes ont été interpellés sur un point de deal dimanche soir à Noisiel (Seine-et-Marne), dans le cadre de la loi contre le narcotrafic. Moins de deux heures plus tard, une trentaine de personnes se sont rassemblées devant le poste de police municipale de la commune, donnant lieu à des violences urbaines au cours desquelles un policier a été blessé et quatre autres personnes interpellées. Une vidéo de l'une des interpellations, visionnée plus de deux millions de fois sur X, a par ailleurs conduit le procureur de la République de Meaux à saisir l'IGPN. Trois enquêtes ont été ouvertes.

Les faits ont débuté dimanche 16 mars, vers 21h20, place de l'Horloge à Noisiel. Selon le procureur, "trois hommes âgés de 18 à 23 ans", tous connus des services de police d'après nos informations, ont été interpellés sur un point de deal. Deux d'entre eux faisaient l'objet de "violations d'interdictions administratives de paraître délivrées dans le cadre de loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic", souligne le magistrat. Le troisième a été appréhendé "à raison de faits de provocation à la rébellion", après avoir tenté de s'interposer et incité les personnes présentes à se rebeller contre les policiers.

Une interpellation filmée

C'est au cours de l'une de ces interpellations qu'un témoin, posté à la fenêtre de son immeuble, a filmé une séquence d'une minute et onze secondes, diffusée sur les réseaux sociaux. On y voit un homme tenter de prendre la fuite en courant avant de se rebeller face aux fonctionnaires. Pendant la lutte, une grenade lacrymogène accrochée à l'équipement d'un policier se déclenche. L'homme est amené au sol. "Couche-toi, couche-toi enculé", lance l'un des fonctionnaires au suspect. Le policier jette ensuite la grenade un peu plus loin, gêné par les fumées du gaz lacrymogène, avant de poursuivre la maîtrise de l'individu.

La vidéo a été visionnée plus de deux millions de fois sur X. Dans son communiqué publié ce mardi matin, Jean-Baptiste Bladier a estimé que cette interpellation, "filmée par des témoins avant que ladite vidéo ne soit diffusée sur les réseaux sociaux", avait été "réalisée dans des conditions de nature à interroger sur sa légitimité, dans son principe, comme dans ses modalités". "L'homme ainsi interpellé, après avoir été examiné par un médecin, se trouve actuellement en garde à vue", a-t-il précisé.

Violences urbaines et un policier blessé

Moins de deux heures plus tard, "à 23 heures 10, une trentaine de personnes se regroupaient devant les locaux de la police municipale de Noisiel", a détaillé le magistrat. "Des tirs de mortiers d'artifice étaient effectués en direction des agents de ladite police municipale sans occasionner de blessé." "Plusieurs personnes tentaient en vain de pénétrer violemment dans les locaux de la police municipale après en avoir dégradé le portail."Des poubelles ont également été incendiées.

"Des effectifs de la Police nationale, appelés en renfort, arrivaient sur place et essuyaient, à leur tour, des tirs de projectiles", a poursuivi le procureur. "Un véhicule administratif était fortement dégradé."Les fonctionnaires ont riposté en faisant usage de grenades lacrymogènes et de lanceurs de balles de défense pour disperser les assaillants. Au cours de cette intervention, un policier a été brûlé à la main droite à la suite du départ anticipé d'une grenade. Il a été pris en charge par les sapeurs-pompiers et transporté à l'hôpital.

"Quatre hommes, trois mineurs âgés de 15 ans et un majeur âgé de 35 ans, étaient interpellés à raison de leur participation à cet attroupement armé, aux violences envers des personnes dépositaires de l'autorité publique et aux faits de dégradation de biens publics", a indiqué Jean-Baptiste Bladier.

Trois enquêtes ouvertes, l'IGPN saisie

Le procureur de la République de Meaux a annoncé avoir diligenté "trois enquêtes distinctes". La première, "relative aux violations des interdictions de paraître et à la provocation à la rébellion", a été "confiée au service local de police judiciaire de Torcy". La deuxième, "relative aux violences urbaines", a été "confiée conjointement au service local de police judiciaire de Torcy et au service interdépartemental de police judiciaire de Seine-et-Marne". La troisième, "ouverte du chef de violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique", a été "confiée à l'Inspection Générale de la Police Nationale".