Le lundi 2 novembre 2026 à 22:28
Une mère d'élève de 36 ans a été interpellée ce lundi à Nice (Alpes-Maritimes). Elle est soupçonnée d'avoir menacé avec une arme à feu et frappé la directrice d'une école maternelle, avant de gifler une enseignante. Le parquet a ouvert une enquête de flagrance, notamment pour tentative de meurtre d'une personne chargée d'une mission de service public. La garde à vue de la mise en cause a été prolongée.
Mère de deux enfants scolarisés à l'école maternelle Clément-Roassal, située près du centre-ville, elle s'est présentée à l'accueil de l'établissement aux alentours de 9 heures et a demandé à s'entretenir en urgence avec la directrice. "D'après les premiers éléments, reçue par cette dernière, l'intéressée la menaçait en pointant une arme à feu dans sa direction et en portant des accusations sur des faits d'agressions sexuelles dont un de ses enfants aurait été victime", a indiqué dans un communiqué le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli.
"Elle portait ensuite une gifle à la directrice puis lui tirait les cheveux. En continuant de porter des accusations, la mise en cause rangeait son arme à la ceinture et giflait de nouveau la victime", a détaillé le magistrat. La mère de famille a ensuite braqué de nouveau la directrice. "Elle reprenait son arme et en actionnait la queue de détente en la pointant en direction de cette dernière, sans qu'un coup ne parte, et en précisant n'avoir que deux balles", a poursuivi le procureur.
Un couteau posé sur la joue de la directrice
Les violences ne se sont pas arrêtées là. "Elle manipulait ensuite l'arme avec laquelle elle portait un nouveau coup au visage de la directrice. Tout en se montrant calme, la mise en cause sortait un couteau qu'elle lui posait sur la joue avant de quitter le bureau environ 1 heure après y être entrée", a relaté le parquet.
En partant, elle a croisé une enseignante et lui a fait les mêmes accusations. "Elle giflait cette enseignante et pointait l'arme dans sa direction après l'avoir actionnée. Elle quittait ensuite l'établissement", selon le communiqué. D'après le maire de Nice, Éric Ciotti, cité par l'AFP, aucun élève n'a assisté à la scène.
Alertés, les policiers ont rapidement interpellé la mise en cause à son domicile. L'enquête a été confiée au service local de police judiciaire (SLPJ) de Nice. Lors de la perquisition, les enquêteurs n'ont pas retrouvé l'arme de poing utilisée.
Déjà condamnée pour violences avec arme
Née en 1990, la suspecte a déclaré avoir la double nationalité tunisienne et italienne et a dit exercer la profession d'aide-soignante. "Elle a déjà été condamnée à deux reprises, notamment pour violences avec arme en 2019", a précisé le procureur. À ce stade, elle conteste tout fait de violences.
«D'une violence inouïe»
Éric Ciotti s'est rendu dans l'école lundi matin. Il a dénoncé une agression "d'une violence inouïe et particulièrement grave", qui a provoqué "un choc majeur dans toute la communauté éducative niçoise". Le recteur de l'académie de Nice, Emmanuel Roux, est lui aussi venu apporter son soutien au personnel. Il a annoncé qu'une équipe académique de sécurité était mobilisée et qu'un accompagnement psychologique était mis en place.
Le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, a qualifié l'agression d'"intolérable" sur X. "Elle intervient dans un contexte de banalisation de la violence dans notre société, que nous devons collectivement rejeter : s'en prendre à ces deux femmes dans l'exercice de leurs fonctions, c'est s'en prendre à l'École tout entière", a-t-il écrit.
Ce matin, dans une école maternelle de Nice, la directrice et une enseignante ont été victimes de menaces avec arme et d’agressions physiques. La mère de famille mise en cause a été interpellée à son domicile. Je remercie les forces de l’ordre pour leur action.
J’adresse tout mon soutien à la directrice, à l’enseignante et à l’ensemble de la communauté éducative. Le recteur et le directeur académique se sont immédiatement rendus sur place.
Cette agression est intolérable. Elle intervient dans un contexte de banalisation de la violence dans notre société, que nous devons collectivement rejeter : s’en prendre à ces deux femmes dans l’exercice de leurs fonctions, c’est s’en prendre à l’École tout entière. Le respect de l’autre commence par le respect dû à celles et ceux qui y travaillent.
Une plainte a été déposée. Nous ne laisserons rien passer.
— Édouard Geffray (@EdouardGeffray) November 2, 2026