Paris : Un policier donne un coup de genou au visage d'un manifestant lors de son interpellation, l'IGPN saisie

Une vidéo tournée jeudi, pendant la dispersion de la manifestation lycéenne à Paris, montre un fonctionnaire frapper au visage un homme qui est en train d'être maîtrisé et interpellé. L'IGPN a été saisie.
Paris : Un policier donne un coup de genou au visage d'un manifestant lors de son interpellation, l'IGPN saisie
Un policier est visé par une enquête après avoir porté un coup de genou à un homme durant son interpellation. (capture écran vidéo / @mxrtint / X)
Par Actu17
Le vendredi 9 octobre 2026 à 10:26

Une enquête judiciaire a été ouverte après le coup de genou porté au visage d'un manifestant par un policier, ce jeudi après-midi, place de la Bastille à Paris, en marge de la mobilisation des lycéens. Le parquet de Paris a ouvert ce vendredi 9 octobre une enquête en flagrance pour violence par personne dépositaire de l'autorité publique, confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN). La préfecture de police avait déjà annoncé l'ouverture d'une enquête administrative.

Le parquet a été saisi après "la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo semblant montrer un policier donner un coup de genou à un manifestant", a-t-il indiqué. Moins de 24 heures après les faits, les investigations ont été ouvertes des chefs de "violence par personne dépositaire de l'autorité publique avec incapacité de travail supérieure à 8 jours lors d'une manifestation sur la voie publique".

Plaqué au sol et menotté après le coup de genou

La scène s'est déroulée à la fin de la manifestation, au moment de la dispersion. Place de la Bastille, les forces de l'ordre ont fait usage d'un canon à eau et de moyens lacrymogènes lors de violents affrontements. Les fonctionnaires repoussaient alors le cortège vers le boulevard Diderot, en direction de la place de la Nation. Sur les images publiées sur les réseaux sociaux et par plusieurs médias, des policiers interpellent un manifestant et l'emmènent à l'écart d'un attroupement encadré par les forces de l'ordre. Ils tentent de le maîtriser et l'un des agents lui porte un coup de genou au visage. L'homme est ensuite plaqué au sol, puis menotté. Le policier à l'origine du coup est affecté dans une compagnie d'intervention (CI), des unités spécialisées dans le maintien de l'ordre. L'état de santé du manifestant et les suites données à son interpellation n'ont pas été communiqués.

Sollicitée par la chaîne d'information, la préfecture de police a assuré que "tout l'après-midi les forces de l'ordre ont été visées par une minorité d'individus extrêmement violents". "Concernant cette action, une enquête administrative sera diligentée", a-t-elle ajouté. Cette procédure, distincte de l'enquête judiciaire, peut déboucher sur des sanctions disciplinaires.

Cinq enquêtes confiées à l'IGPN par le parquet de Paris

"Cela porte à cinq le nombre d'enquêtes confiées par le parquet de Paris à l'IGPN pour des faits de violence par personne dépositaire de l'autorité publique dans le cadre du mouvement de blocage des lycéens", a précisé le parquet. Jeudi midi sur BFMTV, Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur, avait fait état de "20 enquêtes" ouvertes par l'IGPN depuis le début du mouvement. Selon lui, ce nombre reste limité "compte tenu du nombre d'interventions qui sont faites par les policiers et gendarmes".

Les lycéens réclament notamment de meilleures conditions d'apprentissage. Jeudi, ils ont été 71 500 à manifester en France, dont 24.500 à Paris, contre 266 000 mardi, selon le ministère de l'Intérieur. Au cours de cette journée, 504 personnes ont été interpellées et 48 policiers et gendarmes blessés, selon la place Beauvau, qui a relevé des débordements lors des dispersions, notamment place de la Bastille.