Pons : Jade, 12 ans, s'est donné la mort après avoir dénoncé un viol, l'adolescent mis en cause agressé

Le parquet de Saintes a ouvert une information judiciaire pour viol après la mort de Jade, retrouvée sans vie le 31 octobre. L'adolescent qu'elle accusait a été violemment agressé au lendemain du drame.
Pons : Jade, 12 ans, s'est donné la mort après avoir dénoncé un viol, l'adolescent mis en cause agressé
Illustration. (Shutterstock)
Par Actu17
Le jeudi 5 novembre 2026 à 17:17

Une collégienne de 12 ans s'est donné la mort à Pons (Charente-Maritime), samedi 31 octobre. Elle avait dénoncé un viol de la part d'un adolescent de 16 ans, et une enquête était ouverte depuis le mois de janvier. Le parquet de Saintes a ouvert une information judiciaire pour viol mercredi 4 novembre. De son côté, le mis en cause a été violemment agressé au lendemain du drame, manifestement en représailles de la part de l'entourage de la famille de la jeune fille, selon le parquet.

Jade a été découverte sans vie par son père au domicile familial. "Le médecin constatait des scarifications sur ses jambes et ses bras. L'examen de corps pratiqué par l'institut médico-légal concluait à un décès compatible avec un suicide par pendaison", a indiqué le procureur de la République de Saintes, Benjamin Alla, dans un communiqué diffusé mercredi. Le magistrat a ajouté que "Jade faisait l'objet d'un suivi psychologique et manifestait un mal-être certain".

Une enquête pour viol ouverte en janvier

Très vite, les enquêteurs ont appris qu'une procédure pour viol, visant un mineur de 16 ans, était en cours. "S'agissant de l'enquête pour viol, celle-ci était ouverte par le parquet de Saintes le 14 janvier 2026 à la suite d'un signalement en provenance de l'Éducation nationale réceptionné le jour même", a détaillé Benjamin Alla. Le signalement est parti d'une confidence de l'adolescent, scolarisé au lycée de Pons. Il avait confié à son éducatrice faire l'objet d'une rumeur le désignant comme un violeur, après des relations sexuelles avec une collégienne.

"Le lien était fait entre les services sociaux du lycée et du collège de Pons. Jade était alors reçue par l'infirmière scolaire et évoquait cette relation sexuelle non consentie avec l'intéressé, avec lequel elle était en contact via les réseaux sociaux", a poursuivi le procureur. La mère de la collégienne a été reçue par la direction du collège. Elle y a été informée du signalement, mais aussi du mal-être plus général de sa fille constaté par l'équipe éducative. Elle a ensuite déposé plainte.

L'enquête a été confiée à la cellule de lutte contre les atteintes aux personnes de la compagnie de gendarmerie de Jonzac. Les militaires ont auditionné Jade, sa mère ainsi que des témoins, et ont mené une enquête d'environnement. La jeune fille a également passé des examens médicaux, psychologiques et psychiatriques. "L'examen psychologique de Jade mettait en évidence l'état de fragilité de la jeune fille ainsi qu'un mal-être plus général qu'elle exprimait, et ce au-delà des faits dénoncés", a souligné le magistrat. À l'issue de cet entretien, la psychologue l'avait orientée vers le service de pédopsychiatrie.

«Ces rapports lui avaient été imposés»

Les investigations ont établi que les deux adolescents, séparés par quatre ans d'écart, s'étaient donné rendez-vous à trois reprises entre octobre et décembre 2025. "C'est à ces occasions que les rapports sexuels survenaient. Jade expliquait que ces rapports lui avaient été imposés. Le mineur mis en cause, entendu à deux reprises, faisait état quant à lui de relations consenties", a précisé Benjamin Alla.

L'adolescent agressé au lendemain du drame

Au lendemain de la découverte du corps, l'adolescent a été pris pour cible. Selon le parquet, il "faisait l'objet de violences, occasionnant 10 jours d'ITT avec notamment un arrachement osseux au niveau du bras, manifestement en représailles de la part de l'entourage de la famille de Jade". Une enquête est en cours pour identifier les auteurs de cette agression.

Le volet portant sur le viol est désormais entre les mains d'un juge d'instruction. En parallèle, "la procédure dite 'en recherche des causes de la mort' se poursuit pour déterminer les ressorts du passage à l'acte suicidaire de Jade", a fait savoir le procureur. Le parquet a aussi sollicité l'association d'aide aux victimes pour accompagner la famille de la collégienne.

Si vous avez des pensées suicidaires ou si vous êtes inquiet pour l'un de vos proches, vous pouvez appeler le 3114, le numéro national de prévention du suicide. Il est gratuit et joignable 24h/24 et 7j/7.