Le jeudi 8 octobre 2026 à 17:38
Le chef de la police municipale de Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône) a été suspendu de ses fonctions mercredi soir. Il serait le conducteur d'un véhicule de service filmé en train de foncer sur des lycéens rassemblés devant leur établissement le 2 octobre, en marge de la mobilisation lycéenne. Il doit être reçu ce vendredi pour un entretien préalable à une sanction disciplinaire, a révélé Marsactu.
La scène a été filmée par un témoin devant le lycée Jean-Moulin, où des jeunes s'étaient regroupés pour manifester. Sur les images, on voit une voiture de la police municipale faire demi-tour, puis accélérer en direction d'un petit groupe d'élèves. Ils étaient trois, selon France 3, et ont pris la fuite en courant pour ne pas être percutés. La vidéo a notamment été diffusée sur X.
Ce vendredi à Port-de-bouc (13) une voiture a foncé sur des jeunes lycéens. L'intention de les renverser ne sera jamais clairement établie mais les images parlent d'elles mêmes.... https://t.co/t8kOxyr9TS
— Cerveaux non disponibles (@CerveauxNon) October 2, 2026
D'après Marsactu, le conducteur serait le chef de la police municipale de la commune, identifiable sur les images grâce à sa tenue blanche. Il dirige le service depuis 2022. Contacté par le média d'investigation, il a indiqué ne pas être autorisé à faire de commentaire. Selon la mairie, il se trouvait seul dans le véhicule. Il se serait rendu sur place après que des poubelles ont été incendiées la veille devant le lycée Charles-Mongrand, également situé dans la commune.
«Un geste spontané», selon la mairie
La municipalité a dénoncé un événement "profondément choquant". Le maire, Laurent Belsola (PCF), a prononcé mercredi, par courrier, la suspension du policier municipal. Joint par La Provence, il n'a pas souhaité s'exprimer davantage, invoquant "une procédure en cours". Son directeur de cabinet, Mathias Escalante, a assuré au quotidien régional que ces faits ont été "fermement condamnés par les élus". "On voit bien sur la vidéo qu'il s'agit d'un geste spontané, qui part de la décision du conducteur, le chef de la police municipale", a-t-il ajouté. Auprès de Marsactu, il a également estimé que "l'intervention du véhicule est disproportionnée".
Une mise à pied envisagée
Le chef de service a été convoqué ce jeudi soir, avant d'être entendu vendredi 9 octobre. "Il devra exposer les motifs de ses agissements devant des élus qui apprécieront ses dires", a précisé Mathias Escalante. La sanction la plus légère serait un blâme ou un avertissement, mais la mairie semble s'orienter vers une mesure plus lourde. "Les élus seraient plutôt en faveur d'une mise à pied de plusieurs jours à plusieurs mois avec retenue sur salaire. Cela peut aller jusqu'à une rétrogradation et dans ce cas, il ne pourra plus exercer le rôle de chef de service dans la fonction territoriale", a indiqué le directeur de cabinet.