Le mercredi 7 octobre 2026 à 11:49
Un bébé d'un an a été blessé par un tir de mortier d'artifice mardi matin aux abords d'un lycée de Saint-Cyr-l'École (Yvelines), près de Versailles, en marge de la mobilisation lycéenne. L'enfant souffre d'acouphènes et a été hospitalisé, mais ses jours ne sont pas en danger. Une lycéenne de 16 ans, soupçonnée d'avoir allumé l'engin, a été interpellée puis placée en garde à vue.
Les faits se sont produits vers 9 heures, à deux pas d'un Monoprix, sur une place située entre deux établissements, le lycée Mansart et le lycée professionnel Jean-Perrin. Le nourrisson se trouvait dans sa poussette avec ses parents lorsqu'un mortier a été tiré au ras du sol et a filé dans leur direction. Le bruit de l'explosion a provoqué des acouphènes chez l'enfant, qui a été conduit à l'hôpital, d'après une source proche de l'affaire, confirmant une information de RMC. Aucune autre blessure n'a été constatée à ce stade.
Une dizaine de jeunes cagoulés
Après le tir, une dizaine de jeunes cagoulés se sont éparpillés dans les rues. Les policiers ont néanmoins pu s'appuyer sur la description détaillée donnée par le père. Le groupe comptait deux jeunes filles, et celle qui portait un haut vert est soupçonnée d'avoir mis le feu à la mèche. La scène a par ailleurs été filmée par un jeune témoin, et ces images ont été récupérées par les enquêteurs.
Les fonctionnaires ont ensuite sillonné les rues de la commune à la recherche du groupe. À leur approche, deux jeunes qui se trouvaient au milieu d'un rassemblement ont détalé. Les policiers ont rapidement rattrapé l'une d'elles, dont la tenue correspondait à la description. Cette lycéenne de 16 ans transportait une cagoule et du sérum physiologique. Elle a été placée en garde à vue pour "violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours". Une enquête a été ouverte par le parquet de Versailles.
«Donc à hauteur de poussette !»
Des policiers municipaux et l'adjoint à la sécurité de la commune étaient déployés dans le quartier à ce moment-là, un dispositif mis en place quotidiennement depuis le début de la mobilisation, a précisé au ParisienSonia Brau, la maire UDI de Saint-Cyr-l'École. "Ce mortier a été dirigé au ras du sol. Donc à hauteur de poussette !", s'est-elle indignée. L'élue a expliqué que les cartables étaient fouillés chaque jour aux abords des établissements et que de nombreux mortiers y étaient saisis. La municipalité a même dû fermer le cimetière situé en face du lycée Mansart pour empêcher les jeunes d'y récupérer des poubelles.
Ces violences s'inscrivent dans un climat tendu autour de la mobilisation lycéenne, marquée depuis plusieurs jours par des blocages, des feux de poubelles et des tirs de mortiers d'artifice devant plusieurs établissements.
Depuis le début de la mobilisation lycéenne, 6 547 personnes ont été interpellées, dont 488 pour la seule journée de mardi, a annoncé le ministère de l'Intérieur. Plus de 700 policiers et gendarmes ont été blessés.