Le jeudi 20 août 2026 à 14:16
Trois jeunes baigneurs d'une même famille ont échappé à la noyade sur la plage de Saint-Jouin-Bruneval (Seine-Maritime), à quelques kilomètres d'Étretat, ce lundi soir. Deux jeunes femmes âgées de 15 et 18 ans et un jeune homme de 17 ans ont été emportés par le courant vers 21 heures. Un élu de la commune, également policier au Havre et en repos ce soir-là, s'est jeté à l'eau avec un paddle emprunté sur le sable pour aller les chercher. Les trois jeunes ont été conduits à l'hôpital Monod, au Havre, dont ils sont depuis sortis.
Ce soir-là, Sébastien Didry, 50 ans, est attablé avec son épouse à La Frite d'Or, un restaurant en bord de plage. Il pratique le surf depuis une trentaine d'années et sait à quel endroit la mer devient traître ici. Il remarque une famille d'une quinzaine de personnes dont une partie s'est mise à l'eau précisément dans cette zone. "J'ai arrêté de manger car je ne le sentais pas et je voulais être dans les meilleures dispositions possibles en cas de besoin", raconte-t-il à Ouest-France. Il repère aussi un paddle gonflable posé sur le sable.
Quelques minutes plus tard, il voit un garçon et une jeune fille entraînés vers le large, tandis qu'une troisième baigneuse peine à revenir vers le bord. "Je me suis levé et j'ai dit à mon épouse : «J'y vais. Si tu me vois prendre le paddle appelle le 18»", poursuit le policier dans les colonnes du quotidien régional. Il retire ses vêtements, attrape la planche et se met à l'eau. "Je n'ai pas réfléchi, je l'ai pris et j'ai sauté à l'eau", confie-t-il à ICI Normandie.
«Je ne voyais plus que ses mains»
Le fonctionnaire rejoint d'abord la jeune fille la plus éloignée du rivage. L'eau est froide : elle a déjà avalé de l'eau, n'a plus de force et son corps se refroidit lorsqu'il parvient à l'accrocher à l'arrière du paddle. Il repart ensuite vers le cousin de la baigneuse, qui a déjà disparu sous la surface. "Lui était clairement en train de couler et je ne voyais plus que ses mains. Je suis parvenu à le retrouver alors qu'il était sous l'eau et je l'ai remonté", décrit-il à Ouest-France. Le jeune homme vomit de l'eau lorsqu'il le hisse contre la planche. Selon ce que le sauveteur a compris sur place, les trois victimes sont deux sœurs et leur cousin.
Il lui faudra ensuite une quarantaine de minutes pour regagner le bord, à contre-courant, avec les deux rescapés arrimés à la planche. Sur le rivage, les sapeurs-pompiers sont arrivés, dans l'attente de l'hélicoptère Dragon 76. Un plongeur finit par le rejoindre pour l'épauler et lui indique qu'il a pied. En sortant de l'eau, l'élu croit un instant avoir laissé la troisième victime derrière lui, avant d'être rassuré : des baigneurs l'ont ramenée jusqu'au sable.
«Je me suis engagé sans trop réfléchir»
Seize sapeurs-pompiers sont intervenus ce soir-là, épaulés par la gendarmerie, la Sécurité civile et l'équipage du Dragon 76. Les deux jeunes ramenés par le quinquagénaire ont été pris en charge à terre avant d'être héliportés vers l'hôpital Monod, au Havre. "Heureusement que j'ai agi vite", souligne le policier auprès d'ICI Normandie. Le personnel médical lui a indiqué que sans son intervention rapide, les trois jeunes seraient morts quelques secondes plus tard.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, la commune de Saint-Jouin-Bruneval a salué "le sang-froid et la réactivité de Sébastien Didry, ainsi que l'intervention coordonnée de l'ensemble des services de secours mobilisés". Son intervention "a permis de les sortir d'une situation particulièrement dangereuse", souligne la municipalité.
Le surfeur, lui, relativise le qualificatif d'acte de bravoure qui lui est renvoyé depuis. "Je me suis engagé sans trop réfléchir, j'ai fait ce que j'avais à faire et je me sentais capable de le faire", explique-t-il à Ouest-France. Il espère revoir les trois rescapés. "J'ai pris 50 ans le 27 juillet et d'avoir sauvé leurs trois enfants de la noyade, c'est mon plus beau cadeau."