Strasbourg : Un mannequin de CRS marqué du sigle «SS» brûlé en pleine manifestation

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a demandé au préfet du Bas-Rhin de saisir la justice après la diffusion d'une vidéo de la scène. Les syndicats Alliance Police Nationale, Un1té et UNSA Police dénoncent d'une même voix un acte "ignoble".
Strasbourg : Un mannequin de CRS marqué du sigle «SS» brûlé en pleine manifestation
Un mannequin à l'effigie d'un CRS a été brûlé à Strasbourg ce jeudi 5 novembre 2026. (capture écran vidéo / StrasTV)
Par Actu17
Le jeudi 5 novembre 2026 à 19:27 - MAJ jeudi 5 novembre 2026 à 21:15

Un mannequin à l'effigie d'un CRS, affublé du sigle "SS", a été brûlé à Strasbourg (Bas-Rhin) ce jeudi 5 novembre, lors de la manifestation contre la vie chère. Des images montrant les faits ont été publiées sur les réseaux sociaux. Le ministre de l'Intérieur a demandé au préfet de saisir la justice en vertu de l'article 40 du Code de procédure pénale.

"Le ministre de l'Intérieur condamne fermement ces faits qui l'indignent alors même qu'aujourd'hui, une nouvelle fois, les forces de sécurité intérieure ont permis aux cortèges de se dérouler. Dès qu'il a eu connaissance de la vidéo, il a demandé au préfet du Bas-Rhin de saisir la justice par un article 40", a annoncé l'entourage du ministre. Une demande confirmée par la préfecture du Bas-Rhin.

Alliance dénonce «la haine antiflic»

"La haine antiflic n'a plus aucune limite", dénonce le syndicat Alliance Police Nationale sur X. "Aujourd'hui, en pleine manifestation à Strasbourg, un mannequin géant représentant un CRS est livré aux flammes sous les yeux de la foule ! (...) Après les agressions, les guet-apens et les centaines de collègues blessés, voilà désormais qu'on met en scène un policier brûlé vif ! Ce n'est pas de la contestation sociale. C'est une mise en scène de la haine et de la violence contre ceux qui portent l'uniforme !", estime l'organisation, qui réclame "un électrochoc d'autorité".

Un1té évoque «l'abjection la plus totale»

De son côté, le syndicat Un1té du Bas-Rhin condamne "avec la plus grande fermeté cet acte d'une rare indignité". Dans un communiqué, il affirme que le mannequin incendié portait l'inscription "SS". "Représenter un policier pour livrer son effigie aux flammes est déjà profondément méprisant. L'assimiler aux SS, symbole de la barbarie nazie, relève de l'abjection la plus totale !", dénonce l'organisation. Elle juge cette "instrumentalisation de la mémoire" d'autant plus révoltante "sur une terre alsacienne meurtrie par les heures les plus sombres de notre histoire".

Tout en assurant soutenir "les revendications sociales légitimes portées par cette mobilisation intersyndicale", Un1té estime que "rien ne saurait justifier de telles provocations, qui salissent un mouvement revendicatif et portent atteinte à la dignité des policiers chargés de garantir, notamment, le droit de manifester". Le syndicat exige que "toute la lumière soit faite" sur ces faits et que leurs auteurs soient identifiés. "À ceux qui détournent les symboles de la barbarie nazie pour stigmatiser les policiers de la République, nous adressons un message sans équivoque : vous avez franchi toutes les limites de l'indécence !", conclut-il.

«Le respect des forces de l'ordre n'est pas négociable», affirme l'UNSA Police

Le syndicat UNSA Police a également réagi sur X. "Jusqu'où ira cette haine envers les forces de l'ordre et celles et ceux qui portent l'uniforme ? Combien de temps faudra-t-il encore accepter que nos collègues soient pris pour cible, insultés, menacés, violentés et représentés en train de brûler vifs ?", s'interroge l'organisation. Elle dénonce "avec fermeté cet acte ignoble" et indique avoir saisi le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, "afin que tout soit mis en œuvre pour identifier les auteurs". "Le respect des forces de l'ordre n'est pas négociable", martèle le syndicat.