Trafic de drogue à Grenoble : huit suspects interpellés, certains soupçonnés d'actes de torture et de barbarie

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé l'interpellation de huit suspects, membres présumés d'un réseau de trafiquants de drogue implanté dans le quartier de la Villeneuve. Plusieurs d'entre eux sont soupçonnés d'actes de torture et de barbarie.
Trafic de drogue à Grenoble : huit suspects interpellés, certains soupçonnés d'actes de torture et de barbarie
Illustration. (PhotoPQR / Maxppp)
Par Actu17
Le jeudi 9 juillet 2026 à 12:05

Huit personnes ont été interpellées ce lundi 6 juillet à Grenoble (Isère), dans le quartier de la Villeneuve, lors d'une importante opération de police qui a mobilisé une centaine de policiers, dont ceux du RAID. Les suspects sont soupçonnés d'appartenir à un réseau de narcotrafiquants et, pour plusieurs d'entre eux, d'actes de torture et de barbarie. C'est le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez qui a annoncé cette opération, mercredi soir sur le réseau social X, confirmant une information du Dauphiné.

"Les mis en cause sont notamment soupçonnés de trafic de stupéfiants, mais aussi, pour plusieurs d'entre eux, de faits de séquestration accompagnés d'actes de torture et de barbarie", a précisé le ministre de l'Intérieur. L'opération, qui a visé un réseau implanté dans le quartier de la Villeneuve, a été menée par les enquêteurs de la brigade des stupéfiants du service local de police judiciaire (SLPJ).

En parallèle de cette opération, les forces de l'ordre ont procédé à d'autres interpellations dans l'agglomération grenobloise. "Une trentaine d'interpellations ont été réalisées dans l'agglomération lors d'opérations de voie publique", a poursuivi Laurent Nuñez, qui a également fait état d'actions de reconquête de l'espace public, avec notamment le nettoyage des encombrants.

Une guerre de territoires qui a fait dix morts

Cette vaste opération intervient dans un contexte particulièrement tendu. Grenoble et sa banlieue sont le théâtre, depuis la fin de l'année 2025, d'une guerre de territoires entre trafiquants de drogue, qui a fait dix morts entre les mois de décembre et janvier. Ces violences se doublent régulièrement d'intimidations, des images des exactions étant même mises en ligne.

Au mois de mai, le procureur de la République de Grenoble, Étienne Manteaux, avait alerté sur l'ampleur du phénomène. "Dix morts sur la voie publique en six mois, c'est un constat qui n'avait jamais été dressé auparavant", regrettait alors le magistrat. Il pointait par ailleurs la difficulté croissante à démanteler ces organisations : "L'évolution à laquelle nous sommes confrontés aujourd'hui, avec des donneurs d'ordre potentiellement non résidents sur le territoire national et la capacité via les réseaux sociaux à recruter des hommes de main qui sont extérieurs à Grenoble, complexifie l'élucidation et le démantèlement de ces organisations criminelles."

Plusieurs épisodes de violence ces dernières semaines

Les dernières semaines ont été marquées par plusieurs épisodes de violence. Le 24 mai, le corps d'un adolescent de 16 ans a été retrouvé dans une voiture en feu à Échirolles, et des vidéos pouvant être en lien avec les faits avaient largement circulé sur les réseaux sociaux. Cinq jours plus tard, le 29 mai, un nouveau palier a été franchi : une femme d'une cinquantaine d'années, en lien avec un trafiquant mais de manière "assez éloignée" selon le procureur Étienne Manteaux, a été séquestrée et frappée. Pour éviter tout "match-retour", les enquêteurs avaient rapidement interpellé plusieurs suspects. Sept jeunes hommes, parmi lesquels deux mineurs, avaient alors été mis en examen puis écroués à la fin du mois de juin dans ce dossier.