Le lundi 20 juillet 2026 à 18:34
Un policier du commissariat de Montargis (Loiret) a fait usage de son arme de service, jeudi 16 juillet, tirant à quatre reprises en direction d'un fourgon aux abords d'une zone commerciale de Villemandeur. Cette intervention s'inscrivait dans le cadre d'une opération visant un trafic de contrebande de tabac. Aucun blessé n'est à déplorer. Le conducteur du véhicule visé a finalement été relâché sans poursuite, et l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) doit être saisie.
Les faits se sont produits entre 17h30 et 18 heures, aux abords du parking de l'Intermarché de Villemandeur, à un moment de la journée où cette zone commerciale, où sont implantées plusieurs entreprises, connaît une forte affluence. Le fonctionnaire, accompagné de deux autres policiers, a ouvert le feu à quatre reprises sur un fourgon, son conducteur n'ayant, selon les premiers éléments, refusant d'obtempérer. Deux projectiles auraient touché le véhicule, sans faire de blessé parmi ses occupants, indique une source proche de l'affaire, confirmant une information de La République du Centre. Le procureur de la République de Montargis, Christophe Salort, a confirmé à nos confrères que "personne n'a été blessé du fait de l'usage de cette arme".
Une opération anti-contrebande
Si les raisons de la présence des trois fonctionnaires sur place demeurent troubles, plusieurs éléments convergent vers une opération anti-contrebande. Dès le lendemain des faits, nos confrères d'Ici Orléans rapportaient que les fonctionnaires cherchaient à interpeller les responsables supposés d'un important trafic de cigarettes de contrebande. Le fourgon ayant essuyé les tirs, ainsi qu'un second véhicule, auraient été repérés comme chargés d'effectuer des livraisons.
Selon La République du Centre, le commissariat aurait reçu une information signalant ces livraisons, liées à un trafic de tabac de contrebande. Le parquet a confirmé qu'une "enquête sur un trafic de tabac contrefait" est bien en cours au sein du commissariat, mais qu'elle n'a donné lieu à "aucune interpellation" à ce jour. Plusieurs palettes de tabac vendu en dehors des circuits légaux auraient toutefois été retrouvées dans au moins l'un des deux fourgons.
Une version fragilisée
Le conducteur du fourgon a, lui, bien été interpellé dans la foulée des tirs, mais dans le cadre d'une enquête ouverte pour "refus d'obtempérer aggravé", et non pour les faits de contrebande dont il était alors suspecté. Pour justifier ses quatre tirs, le policier aurait expliqué que, face au refus du conducteur de s'arrêter, il se serait senti en danger de mort. Le procureur de la République a néanmoins décidé de classer sans suite la procédure pour refus d'obtempérer : le conducteur ne fera donc l'objet d'aucune poursuite. Placé en garde à vue, ce dernier a finalement été remis en liberté sans charge, un dénouement qui interroge la réalité du refus d'obtempérer initialement invoqué.
Afin de faire toute la lumière sur les faits, l'IGPN va être saisie "dans le courant de la semaine prochaine", a confirmé le parquet de Montargis la semaine dernière. "Elle aura notamment pour objet de déterminer si l'usage de son arme par un fonctionnaire de police était proportionnée au regard des circonstances de l'interpellation projetée."
Contacté ce lundi pour obtenir des précisions sur cette affaire, le parquet de Montargis n'a pas répondu à notre sollicitation.