Le mardi 4 août 2026 à 01:00
Un officier de police, chef d'état-major de la police nationale, fait l'objet d'une enquête préliminaire pour tentative de corruption de mineurs. Il lui est reproché d'avoir montré des photos de cadavres à quatre lycéennes de 15 ans, en stage au commissariat d'Épinal (Vosges). Le fonctionnaire a été suspendu de ses fonctions à titre conservatoire.
Le procureur de la République d'Épinal, Frédéric Nahon, a confirmé l'ouverture de cette procédure lundi 3 août. "J'ai ouvert une enquête préliminaire confiée à l'IGPN", a déclaré le magistrat. Chargée du contrôle des agents de la police nationale, l'Inspection générale de la police nationale est communément appelée la "police des polices".
Le matériel informatique saisi
Le matériel informatique de l'officier a été saisi par les enquêteurs. "Les investigations sont en cours après saisie du matériel informatique du mis en cause", a précisé le procureur de la République.
Les faits ont été révélés par le quotidien Vosges Matin. Selon les précisions apportées au journal par le directeur départemental de la police nationale (DDPN), le commissaire général Antoine Bonillo, l'officier a montré à quatre lycéennes de 15 ans, accueillies en stage au sein du commissariat, des photographies de corps sans vie extraites de procédures judiciaires.
Ces clichés ne posent pas seulement un problème par leur violence et par l'âge des personnes à qui ils ont été présentés : ils sont également couverts par le secret de l'enquête, a souligné le commissaire général.
Que recouvre le délit de corruption de mineurs ?
Malgré son nom, cette infraction n'a rien à voir avec la corruption au sens des pots-de-vin ou du trafic d'influence. Prévue par l'article 227-22 du code pénal, elle vise le fait de favoriser ou de tenter de favoriser la corruption d'un mineur, c'est-à-dire de porter atteinte à son développement moral ou sexuel, notamment en l'exposant à des scènes ou à des représentations susceptibles de le heurter gravement. Il n'est pas nécessaire d'établir qu'un mineur a effectivement été corrompu : la simple tentative est réprimée.
Le chef d'état-major a été écarté du service il y a quelques semaines. Selon le parquet, la peine maximale encourue pour ce délit est de trois ans de prison et de 75 000 euros d'amende.