Gendarmes tués dans le Puy-de-Dôme : le meurtrier avait piégé sa voiture avec un fusil


Un fusil avait été installé dans la voiture de Frédérik Limol, avec un dispositif.

L’homme qui a tué trois gendarmes et blessé un quatrième dans le Puy-de-Dôme avait également installé une arme dans sa voiture. Un dispositif préparé pour tuer.


INFO ACTU17. C’est un nouvel élément qui démontre l’extrême dangerosité de Fréderik Limol. En plus d’être lourdement armé, l’homme avait minutieusement installé un fusil dans sa voiture qui aurait pu être à l’origine d’un drame supplémentaire.

Dans la nuit du mardi 22 au mercredi 23 décembre, cet homme de 48 ans a tiré à de multiples reprises sur les gendarmes qui venaient secourir sa compagne, à qui il venait de s’en prendre violemment. Trois militaires ont été tués, un quatrième a été blessé. Le tueur s’est suicidé peu après.

Quelques heures après les faits, le procureur de la République de Clermont-Ferrand, Eric Maillaud, a précisé que le meurtrier était « extrêmement déterminé à faire un carnage, quelles que soient les personnes ». « C’est une véritable scène de guerre à laquelle nous avons été confrontés ce matin : des centaines et des centaines de douilles, la maison incendiée, un individu surarmé… Une scène atypique », a-t-il ajouté.

Passionné par les armes

L’assaillant était en effet muni d’un fusil de type AR-15 équipé d’un silencieux et d’une visée laser, mais également de deux armes de poing et de quatre couteaux. Un armement qu’il détenait légalement : les trois armes étaient signalées sur le fichier Agrippa (application de gestion du répertoire informatisé des propriétaires et possesseurs d’armes) selon une source proche de l’enquête.


L’homme était licencié d’un club sportif situé à Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône). Il était devenu officier de réserve de l’armée de Terre en 1995 et était passionné par les armes. « Ce qui est sûr, c’est qu’il était parfaitement aguerri dans le maniement des armes », a précisé le magistrat.

Un coup de feu à l’ouverture de la portière

Frédérik Limol avait également mis en place un dispositif dans sa voiture, avec laquelle il a tenté de fuir durant cette nuit meurtrière avant de faire demi-tour après un accident, et de revenir dans la maison qu’il avait incendiée. Selon cette même source, un fusil chargé était installé du côté de la place du passager avant, auquel était accroché un tendeur relié à la portière. A l’ouverture, le système permettait qu’un coup de feu soit instantanément tiré.

Le tueur a été retrouvé mort à proximité de son véhicule. Les gendarmes ont découvert ce dispositif lorsque la voiture a été déminée par mesure de sécurité, à l’issue de cette dramatique intervention. Cette installation démontre également une préparation de la part du meurtrier. L’enquête permettra de déterminer s’il avait prémédité cette tuerie.

Son ex-épouse avait déposé trois plaintes pour menaces de mort

Dans un communiqué de son avocat ce dimanche, la compagne de Frédérik Limol a rendu « hommage à ceux qui ont sacrifié leurs vies pour sauver la sienne ». « Les mots sont insuffisants pour exprimer sa reconnaissance. Elle adresse ses profondes pensées aux familles des gendarmes ».

L’ex-épouse du meurtrier avait déposé trois plaintes à son encontre pour menaces de mort mais ces dernières sont restées sans suite selon son avocat, Me Wissam Bayeh. « Elle dépose plainte pour menace de mort, tout en alertant sur le fait qu’il était armé. On ne juge même pas utile d’envoyer un ou deux gendarmes enquêter, voir ce qui se passe chez lui, même pas une enquête préliminaire, rien ! »