Insécurité : Le maire de Lyon et le préfet du Rhône devant le tribunal après des plaintes de collectifs

Illustration. (photo Lionel Vadam/PhotoPQR/L'Est Républicain/Maxppp)

Deux collectifs citoyens, « Presqu’île en colère » et « Lyon en colère », ont assigné en justice le maire de Lyon ainsi que le préfet du Rhône pour manquement à leur mission de protection de la sécurité et de la tranquillité publiques. Une audience aura lieu le 10 novembre devant le tribunal administratif.

Le maire de Lyon, Grégory Doucet, et le préfet du Rhône, Pascal Mailhos, seront auditionnés mercredi 10 novembre à 10h45 devant le tribunal administratif de Lyon. Cette date était attendue par les deux collectifs d’habitants lyonnais « Presqu’île en colère » et « Lyon en colère ».

Ces derniers ont en effet déposé deux plaintes distinctes en juin dernier, afin de dénoncer les responsabilités respectives du maire de Lyon et du préfet du Rhône, coupables selon eux d’une « carence » dans leur « mission de protection de la sécurité et tranquillité publiques », dans certains quartiers de Lyon, ainsi qu’à Villeurbanne. Les deux collectifs dénoncent notamment les rodéos urbains incessants.

« Nous soutenons que ces autorités de police sont fautives car elles ont manqué à leurs obligations en tardant à prendre des mesures et/ou en ne prenant pas toutes les mesures utiles de nature à prévenir sérieusement les nuisances des rodéos urbains sur la Presqu’île et les troubles à l’insécurité et la tranquillité dans plusieurs autres quartiers de Lyon et Villeurbanne », affirme Me Edouard Raffin, avocat au barreau de Lyon, dans un communiqué.

« Un point commun entre les nuisances de chaque quartier est, à notre sens, le manque d’équipages de police disponibles pour patrouiller et effectuer des contrôles de nature à décourager les auteurs des troubles de commettre des infractions, et plus généralement une faillite de l’État dans sa politique de sécurité », appuie Me Edouard Raffin.

Des condamnations à Marseille et Paris

Ce n’est pas la première fois qu’une telle situation se produit. Le 3 août 2020, le tribunal administratif avait condamné la ville de Marseille à 10 000 euros de dommages et intérêts pour «  mesures insuffisantes pour restaurer la tranquillité publique » dans un quartier nord. A Paris, dans le quartier de Château-rouge (18e), des habitants avaient eu eux aussi gain de cause devant la justice, en 2016. La mairie et la préfecture avaient été condamnées.