Belgique : Un policier gifle une femme menottée et la pousse dans un fourgon, deux enquêtes ouvertes

Une séquence tournée samedi à Nivelles, en Belgique, et massivement partagée sur les réseaux sociaux vaut à un membre de la zone de police Nivelles-Genappe l'ouverture d'une enquête judiciaire et d'une enquête interne. Le bourgmestre de la commune juge la violence du fonctionnaire "pas excusable".
Belgique : Un policier gifle une femme menottée et la pousse dans un fourgon, deux enquêtes ouvertes
Un policier belge a été filmé alors qu'il gifle violemment une femme menottée, à Nivelles. (capture écran vidéo / DR)
Par Actu17
Le lundi 14 septembre 2026 à 21:50

Une vidéo montrant un policier gifler violemment une femme menottée devant un fourgon de police a déclenché l'ouverture d'une enquête judiciaire en Belgique. Les faits se sont déroulés à Nivelles, dans la province du Brabant wallon, à une trentaine de kilomètres au sud de Bruxelles. Le parquet a confirmé lundi s'être saisi du dossier, tandis que le bourgmestre de la commune, qui préside également le collège de police, a ordonné une enquête interne et qualifié la scène d'"inacceptable".

Massivement relayée sur les réseaux sociaux depuis dimanche, la séquence montre une femme menottée qui refuse de monter à l'arrière d'un fourgon de police. Trois agents l'entourent, un policier et deux policières. L'ordre de monter lui est donné et, sur la bande-son, une voix répète à plusieurs reprises "Madame, s'il vous plaît". Lorsque la femme se retourne, le policier lui assène un violent coup au visage, avant de la pousser à l'intérieur du fourgon. Les deux policières qui l'accompagnent n'interviennent pas.

L'intervention remonte au samedi 12 septembre, peu après 18 heures, a précisé le parquet du Brabant wallon. "Un service de police était intervenu initialement dans le cadre d'un accident de la circulation, les parties impliquées ne parvenant pas à s'entendre pour la rédaction d'un constat amiable", a expliqué le ministère public. "Outre les constatations relatives à l'accident, les policiers impliqués ont ouvert un procès-verbal pour des faits de rébellion. La séquence filmée se situerait à la fin d'une scène de rébellion de deux personnes présentes sur les lieux de l'accident", a-t-il ajouté.

«Une personne qui ne semblait pas représenter une menace»

L'enquête judiciaire devra désormais reconstituer le déroulement complet de l'intervention, afin de déterminer "dans quelles circonstances les violences ont été commises par rapport à une personne qui ne semblait pas représenter une menace à cet instant précis". Le parquet a annoncé qu'il ne communiquerait pas davantage avant la clôture des investigations. "Une enquête qui débute sur les réseaux sociaux n'est pas de nature à favoriser le travail d'investigation. Il est recommandé que toute personne s'estimant victime ou témoin de violences policières s'adresse au Comité P, organe indépendant habilité à recueillir ce type de plainte", a conclu le procureur du Roi, l'équivalent belge du procureur de la République. Le Comité P est l'organe de contrôle externe des services de police, rattaché au Parlement fédéral.

En parallèle de la procédure pénale, une enquête interne a été lancée au sein de la zone de police Nivelles-Genappe. Bernard De Ro, bourgmestre de Nivelles et président du collège de police, a été averti du contenu de la vidéo dimanche vers midi et a immédiatement pris contact avec la hiérarchie policière, qui avait déjà connaissance de la séquence, rapporte L'Avenir. "A priori, si on se fie à l'extrait visible en ligne, la violence du policier n'est pas justifiée et n'est pas excusable", a-t-il déclaré au quotidien. Auprès de La Libre, l'élu a également estimé que "cette gifle est inacceptable".

Une zone de police sans chef de corps titulaire

La zone de police concernée traverse par ailleurs une période de transition à sa tête. Le chef de corps, le commissaire Pascal Neyman, a été admis à la retraite le 31 août, et l'arrêté royal officialisant l'entrée en fonction de son successeur, Vincent Mathy, n'a toujours pas été signé, indique L'Avenir. La zone est donc dirigée par un chef faisant fonction. Ni l'un ni l'autre ne sont mis en cause dans cette affaire.

À ce stade, on ignore si le policier mis en cause a été écarté de ses fonctions. La femme interpellée ne s'est pas exprimée publiquement et aucune plainte déposée par ses soins n'a été rendue publique.