Guerre au Moyen-Orient : Macron convoque un nouveau conseil de défense mercredi soir à l’Élysée

Au cinquième jour de la guerre au Moyen-Orient, le chef de l’État réunit à nouveau ministres et responsables de sécurité. La veille, il avait annoncé l'envoi du Charles-de-Gaulle en Méditerranée et le rapatriement des Français de la région.
Guerre au Moyen-Orient : Macron convoque un nouveau conseil de défense mercredi soir à l’Élysée
Emmanuel Macron en Moldavie, le 27 août 2025. (Victor Mogyldea / Shutterstock)
Par Actu17
Le mercredi 4 mars 2026 à 12:06

Emmanuel Macron a convoqué un nouveau conseil de défense et de sécurité nationale mercredi soir à l’Élysée, consacré à la situation au Moyen-Orient. L'annonce a été faite par la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, à l'issue du conseil des ministres. Cette réunion intervient au cinquième jour de la guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l'Iran, alors que le conflit continue de s'étendre dans la région.

La veille, le chef de l’État s'est adressé aux Français dans une allocution télévisée d'environ huit minutes. Emmanuel Macron a annoncé avoir ordonné au porte-avions Charles-de-Gaulle "de faire route vers la Méditerranée", et dévoilé un renforcement massif du dispositif militaire français : déploiement de Rafale et de systèmes de défense antiaérienne au Moyen-Orient, envoi de la frégate Languedoc au large de Chypre avec des moyens antiaériens supplémentaires.

Le président de la République a également révélé que les forces françaises ont abattu des drones "en légitime défense" dès les premières heures du conflit pour défendre l'espace aérien des alliés de la France, et que deux bases militaires françaises ont subi des "frappes limitées". Il a par ailleurs annoncé le lancement d'une opération de rapatriement des quelque 400 000 Français présents dans la région. Si le chef de l’État a pointé la responsabilité de Téhéran, estimant que "la République islamique d'Iran porte la responsabilité première de cette situation", il a toutefois regretté une opération "conduite en dehors du droit international".

Les Gardiens de la Révolution revendiquent le "contrôle total" du détroit d'Ormuz

Sur le terrain, la situation continue de se détériorer au cinquième jour du conflit. Les Gardiens de la Révolution ont affirmé mercredi avoir le "contrôle total" du détroit d'Ormuz, corridor stratégique par lequel transitent environ 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial. L'armée israélienne a annoncé avoir frappé des dizaines de cibles en Iran, dont des centres de commandement à Téhéran, et indiqué qu'un F-35 israélien avait abattu un avion de combat iranien au-dessus de la capitale iranienne. De leur côté, les Gardiens de la Révolution ont affirmé avoir tiré une quarantaine de missiles sur des cibles américaines et israéliennes. L'Arabie saoudite a annoncé l'interception de deux missiles et de neuf drones dans son espace aérien.

Au Koweït, une fillette de 11 ans est morte après la chute de débris dans une zone résidentielle, portant le bilan dans ce pays à quatre morts depuis le début du conflit. Le Liban a été entraîné dans la guerre après l'entrée en action du Hezbollah : de nouvelles frappes israéliennes ont visé mercredi la banlieue sud de Beyrouth, faisant six morts et huit blessés à Aramoun et Saadiyat, tandis que cinq personnes ont été tuées dans une frappe sur Baalbeck. Les funérailles nationales d'Ali Khamenei, guide suprême tué samedi dans les frappes, devaient se tenir mercredi soir à la grande mosquée Imam Khomeini à Téhéran.

Premier vol de rapatriement et renforcement de Sentinelle

Le premier vol de rapatriement de Français, affrété par Air France depuis le sultanat d'Oman, a atterri à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle mercredi vers 3 heures du matin. D'autres vols sont prévus dans les prochains jours. Sur le territoire national, le dispositif Sentinelle a été renforcé à la demande du président de la République, et la vigilance a été accrue autour des lieux et des personnes les plus exposées.

Ce nouveau conseil de défense se tient également dans un contexte de tensions politiques intérieures. La gauche a appelé mercredi Emmanuel Macron à rester dans une logique strictement défensive. "La France a raison d'honorer ses engagements mais nous ferons très attention à ce que la France ne mette pas un doigt dans une guerre illégale qui a été décidée uniquement par Trump et Netanyahou", a prévenu la cheffe des députés LFI Mathilde Panot sur France Inter. De son côté, le président de la commission défense à l'Assemblée nationale, Jean-Michel Jacques (Renaissance), a estimé que "le but n'est pas du tout d'entrer en guerre".