Guerre au Moyen-Orient : un soldat français tué et cinq blessés dans une attaque de drones en Irak

L'adjudant-chef Arnaud Frion, du 7ème bataillon de chasseurs alpins de Varces, est le premier soldat français tué depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Cinq autres militaires ont été blessés dans cette attaque de drones survenue au Kurdistan irakien.
Guerre au Moyen-Orient : un soldat français tué et cinq blessés dans une attaque de drones en Irak
Illustration. (Dragos Asaftei / Shutterstock)
Par Actu17
Le jeudi 12 mars 2026 à 23:05 - MAJ vendredi 13 mars 2026 à 07:06

Un militaire français est mort et cinq autres ont été blessés dans une attaque de drones au Kurdistan irakien, dans la nuit de jeudi à vendredi. L'adjudant-chef Arnaud Frion, du 7ème bataillon de chasseurs alpins de Varces, "est mort pour la France lors d'une attaque dans la région d'Erbil en Irak", a annoncé le président Emmanuel Macron sur X. Il est le premier soldat français tué depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran. L'état-major de l'armée française avait d'abord annoncé jeudi soir que six soldats français avaient été blessés dans une "attaque de drones dans la région d'Erbil".

Selon le gouverneur d'Erbil, Omed Khoshnaw, deux drones ont visé une base peshmerga dans la zone de Mala Qara, à Makhmour, à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest d'Erbil, où des militaires français étaient stationnés aux côtés des combattants peshmergas. L'un de ces soldats, l'adjudant-chef Arnaud Frion, a succombé à ses blessures. Selon l'état-major, ces militaires étaient "engagés dans des actions de formation à la lutte contre le terrorisme auprès de partenaires irakiens". La France est présente au Kurdistan irakien depuis plusieurs années aux côtés des Peshmergas dans le cadre de la lutte antiterroriste. "Leur prise en charge a été immédiate vers le centre médical le plus proche", avait précisé l'état-major.

Une attaque «inacceptable»

Sur X, Emmanuel Macron a réagi dans la nuit de jeudi à vendredi. "À sa famille, à ses frères d'armes, je veux dire toute l'affection et la solidarité de la Nation. Plusieurs de nos militaires ont été blessés. La France se tient à leurs côtés et avec leurs proches", a-t-il écrit. Le chef de l'État a qualifié cette attaque d'"inacceptable", rappelant que ces forces étaient "engagées dans la lutte contre Daech depuis 2015". "Leur présence en Irak s'inscrit dans le strict cadre de la lutte contre le terrorisme. La guerre en Iran ne saurait justifier de telles attaques", a-t-il ajouté.

Dans les heures qui ont suivi, le groupe militant chiite irakien armé, pro-iranien, Ashab al-Kahf, a annoncé prendre pour cible "tous les intérêts français en Irak et dans la région" après le déploiement du porte-avions Charles de Gaulle dans le Golfe. Le groupe n'a pas directement revendiqué l'attaque, mais a exhorté les habitants à rester à au moins 500 mètres d'une base au Kurdistan irakien où se trouvent des militaires français.

Cette attaque intervient alors que le Kurdistan irakien est régulièrement ciblé par des drones et des missiles depuis le début du conflit. La région d'Erbil fait l'objet d'attaques quasi quotidiennes. L'Italie a d'ailleurs annoncé retirer temporairement tout son personnel d'une base militaire à Erbil après une attaque de drone. Dans le cadre de la coalition internationale antijihadiste dirigée par Washington, des militaires de plusieurs pays, dont l'Italie et la France, forment au Kurdistan irakien les forces de sécurité kurdes.