La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni prêts à des «actions défensives» pour «détruire» les capacités militaires de l'Iran

Dans une déclaration commune publiée dimanche, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni menacent de prendre des mesures militaires contre Téhéran, dont les frappes de représailles touchent désormais plusieurs pays de la région.
La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni prêts à des «actions défensives» pour «détruire» les capacités militaires de l'Iran
Des militaires français en Roumanie, en 2022. (Illustration / Dragos Asaftei / Shutterstock)
Par Actu17
Le dimanche 1 mars 2026 à 22:08 - MAJ dimanche 1 mars 2026 à 23:37

Les dirigeants de la France, de l'Allemagne et du Royaume-Uni, réunis au sein du groupe E3, ont publié dimanche 1er mars une déclaration commune dans laquelle ils se disent prêts à mener des "actions défensives proportionnées" pour "détruire" les capacités militaires de l'Iran. Cette annonce intervient au deuxième jour des frappes américano-israéliennes contre la République islamique et de la riposte de Téhéran, qui a visé plusieurs pays de la région, dont des installations accueillant des forces françaises aux Émirats arabes unis. De son côté, le président américain Donald Trump a estimé que l'opération militaire en cours durerait "quatre semaines ou moins".

Dans leur communiqué, les trois dirigeants européens se disent "consternés par les attaques de missiles à l'aveugle et disproportionnées lancées par l'Iran contre des pays de la région", en riposte aux frappes menées par les États-Unis et Israël. "Les attaques inconsidérées de l'Iran ont ciblé nos alliés proches et menacent notre personnel militaire et nos civils dans toute la région", peut-on lire dans la déclaration. Le groupe E3 appelle Téhéran à "mettre fin immédiatement à ces attaques inconsidérées" et prévient : "Nous prendrons des mesures pour défendre nos intérêts et ceux de nos alliés dans la région, potentiellement en permettant des actions défensives nécessaires et proportionnées pour détruire la capacité de l'Iran à tirer des missiles et des drones à leur source."

«Ça prendra quatre semaines ou moins», affirme Donald Trump

Interrogé par le Daily Mail, Donald Trump a pour sa part évoqué la durée de l'opération américaine baptisée "Fureur épique". "Ça a toujours été un processus de quatre semaines, alors - aussi fort qu'est [l'Iran], le pays est grand, ça prendra quatre semaines ou moins", a déclaré le président américain par téléphone au quotidien britannique, sans fournir davantage de détails. Plus tôt dans la journée, il avait réagi à l'annonce de la mort de trois soldats américains dans les opérations en déclarant à NBC News : "Nous en avons trois, mais on s'attend à des pertes, mais au bout du compte ce sera une bonne affaire pour le monde."

Cette déclaration du groupe E3 intervient alors que la France est directement concernée par la riposte iranienne. La base navale française Camp de la Paix, située dans le port de Zayed à Abou Dhabi, a été visée par des drones iraniens, provoquant un incendie. En ouverture d'un deuxième Conseil de défense en deux jours, Emmanuel Macron a assuré que "les dégâts ne sont que matériels et limités" et qu'il n'y avait "aucun blessé". La ministre des Armées, Catherine Vautrin, a déclaré sur le réseau social X que "la vigilance de nos forces est maximale face à une situation qui évolue d'heure en heure".

La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a par ailleurs estimé dimanche que la France ne pouvait "que se satisfaire" de la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué dans les frappes américano-israéliennes de samedi. "Le mollah Khamenei était un dictateur sanguinaire qui a opprimé son peuple, avili les femmes, les jeunes, les minorités, et il est encore récemment responsable de la mort de milliers de civils dans son pays et dans la région", a-t-elle déclaré. La France a toutefois rappelé qu'elle n'avait pas participé aux frappes.

Sur le plan international, l'OTAN a annoncé dimanche ajuster le positionnement de ses forces pour garantir la sécurité de ses 32 États membres face aux menaces de missiles balistiques et de drones en provenance d'Iran. Le secrétaire d'État britannique à la Défense, John Healey, a révélé que deux missiles balistiques iraniens avaient été tirés en direction de Chypre, où se trouve une base aérienne du Royaume-Uni, précisant que des avions de combat britanniques participaient déjà à des actions "défensives" dans la région. Une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU était prévue dimanche soir.