Le FBI offre 200 000 dollars pour retrouver une ancienne agente accusée d'espionnage au profit de l'Iran

Le FBI offre une récompense de 200 000 dollars pour mettre la main sur Monica Elfriede Witt, une ancienne spécialiste du renseignement de l'US Air Force passée à l'ennemi en 2013. Réfugiée en Iran, elle est accusée d'avoir livré des informations classifiées au régime de Téhéran et d'avoir aidé à cibler ses anciens collègues américains.
Le FBI offre 200 000 dollars pour retrouver une ancienne agente accusée d'espionnage au profit de l'Iran
Monica Elfriede Witt est recherchée par le FBI qui offre 200 000 dollars pour la localiser. (FBI)
Par Actu17
Le samedi 16 mai 2026 à 17:08

Le FBI a annoncé jeudi 14 mai 2026 offrir une récompense de 200 000 dollars pour toute information permettant de localiser et d'arrêter Monica Elfriede Witt, une ancienne spécialiste du renseignement de l'US Air Force accusée d'avoir fait défection en Iran en 2013 et d'avoir livré des informations classifiées au régime de Téhéran. Âgée de 47 ans, la fugitive est mise en accusation depuis février 2019 pour espionnage et reste introuvable plus d'une décennie après les faits.

L'annonce a été faite par le bureau de Washington du FBI, qui appelle le public à transmettre tout renseignement sur la localisation de Monica Elfriede Witt. "Monica Witt a trahi son serment envers la Constitution il y a plus d'une décennie en faisant défection en Iran et en fournissant au régime iranien des informations relatives à la défense nationale, et continue probablement à soutenir leurs activités malveillantes", a déclaré Daniel Wierzbicki, agent spécial en charge de la division contre-espionnage et cyber du bureau de Washington. "Le FBI n'a pas oublié et estime qu'en ce moment critique de l'histoire de l'Iran, il y a quelqu'un qui sait quelque chose sur l'endroit où elle se trouve. Le FBI veut vous entendre afin que vous puissiez nous aider à appréhender Witt et à la traduire en justice", a-t-il ajouté. Les renseignements peuvent être transmis via le site tips.fbi.gov.

La fiche "Wanted" de Monica Elfriede Witt est en ligne sur le site du FBI depuis le 8 février 2019, jour de son inculpation par le grand jury fédéral. Plus de sept ans plus tard, la fugitive court toujours, et l'annonce de cette récompense apparaît comme une relance du dossier, dans un contexte de fortes tensions entre Washington et Téhéran.

Une ancienne agente avec un accès aux informations les plus sensibles

Monica Elfriede Witt a servi dans l'US Air Force de 1997 à 2008 comme spécialiste du renseignement et agent spécial du Bureau des enquêtes spéciales de l'Air Force (AFOSI). Elle a ensuite travaillé comme sous-traitante du gouvernement américain jusqu'en 2010. Ses fonctions lui ont donné accès à des informations classifiées "secret" et "top secret" relatives au renseignement étranger et au contre-espionnage, y compris aux véritables identités d'agents infiltrés de la communauté du renseignement américain.

En 2012, elle s'est rendue en Iran pour assister à une conférence dénonçant les "normes morales américaines" et faisant la promotion de la propagande anti-américaine. Elle est retournée dans le pays l'année suivante, où elle a fait défection. Selon les enquêteurs, des responsables iraniens lui ont alors fourni un logement et du matériel informatique.

Des informations qui ont mis en danger des Américains à l'étranger

Monica Elfriede Witt a été mise en accusation en février 2019 par un grand jury fédéral du district de Columbia pour espionnage, notamment pour la transmission d'informations relatives à la défense nationale au gouvernement iranien. Les enquêteurs estiment qu'elle a partagé des renseignements sensibles et mené des recherches pour aider le régime à cibler ses anciens collègues américains.

Selon le FBI, les informations qu'elle a transmises auraient mis en danger des personnels américains et leurs familles stationnés à l'étranger. Ses agissements auraient également bénéficié au Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI), accusé par Washington de soutenir plusieurs organisations terroristes visant des intérêts américains. Dans le cadre de la même procédure, quatre ressortissants iraniens ont également été inculpés pour complot et vol d'identité aggravé, soupçonnés d'avoir aidé Monica Elfriede Witt à collecter des informations sur ses anciens collègues.

Native d'El Paso (Texas, États-Unis), Monica Elfriede Witt mesure 1,68 m et parle couramment le farsi. Elle résiderait actuellement en Iran et utiliserait les alias "Fatemah Zahra" et "Narges Witt".