Accident de car mortel dans l'Ain : le chauffeur, qui dit s'être endormi au volant, mis en examen

Placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de conduire, le conducteur de 26 ans a confirmé devant les enquêteurs qu'il s'était endormi avant le choc. Une fillette de 7 ans et un étudiant de 18 ans ont été tués dans l'accident, vendredi matin.
Accident de car mortel dans l'Ain : le chauffeur, qui dit s'être endormi au volant, mis en examen
Illustration. (HJBC / Shutterstock)
Par Actu17
Le dimanche 8 novembre 2026 à 20:11

Le chauffeur du car qui s'est renversé vendredi à Lent (Ain) a été mis en examen ce dimanche pour homicide et blessures involontaires. L'accident a fait deux morts et 27 blessés. L'homme de 26 ans affirme s'être endormi au volant. Il a été placé sous contrôle judiciaire, a annoncé la procureure de la République de Bourg-en-Bresse, Karine Malara. Le parquet a finalement écarté les qualifications d'homicide routier et de blessures routières, retenues au début de l'enquête.

Blessé aux jambes, le conducteur avait été placé en garde à vue dès vendredi à l'hôpital. À la fin de cette mesure, il a été présenté ce dimanche à un juge d'instruction, le parquet ayant ouvert une information judiciaire. "Le chauffeur, âgé de 26 ans, sans antécédent judiciaire, a été mis en examen ce jour des chefs d'homicide involontaire par conducteur de véhicule terrestre à moteur et de blessures involontaires par conducteur de véhicule terrestre à moteur, avec incapacité supérieure à 3 mois ou n'excédant pas 3 mois, selon la gravité des blessures des victimes", a détaillé la magistrate dans un communiqué.

Pendant sa garde à vue, le jeune homme n'a pas changé de version. "L'intéressé, à nouveau auditionné par les enquêteurs de la section de recherches de Lyon, a confirmé ses premières déclarations, à savoir qu'il avait pris son service très tôt le matin, s'était senti fatigué et s'était endormi avant le choc", a précisé la procureure. Peu après les faits, elle avait déjà indiqué lors d'un point presse que le chauffeur s'était "assoupi", en ajoutant que "les premiers témoignages confirment l'assoupissement", rapporte l'AFP.

Pas de «circonstances aggravantes»

Vendredi, le parquet avait ouvert une enquête de flagrance pour homicide routier et blessures routières, et l'avait confiée à la section de recherches (SR) de la gendarmerie de Lyon. "En l'état de l'enquête, les qualifications initiales d'homicide et blessures routières ne sont pas retenues, compte tenu de l'absence de circonstances aggravantes", a expliqué Karine Malara. Aucune trace d'alcool ni de stupéfiants n'a été relevée chez le chauffeur, a indiqué le préfet de l'Ain, Louis-Xavier Thirode, vendredi. Un régulateur limitait par ailleurs la vitesse du car à 70 km/h. L'homicide involontaire est puni de cinq ans d'emprisonnement, contre sept ans pour l'homicide routier.

"Conformément aux réquisitions du parquet, il a été placé sous contrôle judiciaire, avec, notamment, une interdiction de conduire et une obligation de soins", a ajouté la procureure. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, s'est rendu sur place vendredi. Il a déclaré que le chauffeur était "nouveau" dans son entreprise de transport. Le conducteur aurait 18 mois d'expérience et venait d'être embauché par la société qui exploite la ligne. Le conducteur avait été testé négatif lors d'un contrôle inopiné à la mi-octobre, et la société qui l'emploie a été contrôlée 106 fois depuis 2024.

49 personnes à bord, dont 23 mineurs

Vendredi vers 07h30, le car interurbain affrété par la région Auvergne-Rhône-Alpes roulait vers Bourg-en-Bresse avec 49 personnes à bord, dont 23 mineurs, quand il s'est renversé sur la RD 22. Une fillette de 7 ans et un étudiant lyonnais de 18 ans ont été tués. Selon le bilan provisoire arrêté par le parquet vendredi à 18 heures, quatre personnes ont été hospitalisées en urgence absolue, dont deux en danger de mort, et 23 autres ont été légèrement blessées.

"L'état de santé des victimes hospitalisées n'a pas connu d'évolution majeure pour le moment", a indiqué le parquet. Il a précisé que l'association d'aide aux victimes était restée mobilisée tout le week-end, à sa demande, pour accompagner les victimes et leurs proches.