Agression homophobe du policier Pierre Picavet à Paris : le suspect laissé libre, la victime doit être opérée

Mis en examen pour violences aggravées et vol, le suspect de 20 ans a été laissé libre sous contrôle judiciaire. Il conteste le mobile homophobe, tandis que le policier agressé doit être opéré pour tenter de sauver son œil.
Agression homophobe du policier Pierre Picavet à Paris : le suspect laissé libre, la victime doit être opérée
Pierre Picavet a été violemment agressé dans la nuit de vendredi à samedi. (DR)
Par Actu17
Le mardi 1 septembre 2026 à 17:10

Le jeune homme de 20 ans soupçonné d'avoir grièvement blessé Pierre Picavet, policier et président de l'association FLAG !, qui regroupe des agents des ministères de l'Intérieur et de la Justice engagés dans la lutte contre les violences LGBTphobes, a été mis en examen et laissé libre sous contrôle judiciaire. Par la voix de son avocate, il conteste le caractère homophobe de l'agression commise dans le quartier du Marais, à Paris. La victime, qui souffre de multiples fractures au visage, doit de son côté subir une intervention chirurgicale pour tenter de sauver son œil.

La décision a été prise lundi 31 août. "L'intéressé a été mis en examen pour violences aggravées et vol et placé sous contrôle judiciaire", a indiqué le parquet de Paris. Lors de son interpellation, le mis en cause portait sur lui le téléphone de la victime, selon Le Parisien. D'après RMC, la circonstance aggravante retenue par le juge d'instruction tient à l'orientation sexuelle de la victime, chef sous lequel l'enquête avait été ouverte.

Le contrôle judiciaire est assorti de cinq obligations, détaillées par le parquet : "interdiction de paraître dans les 3e et 4e arrondissements de Paris", où les faits se sont produits, "interdiction d'entrer en contact avec la victime", "ne pas sortir du territoire national métropolitain", "obligation de pointage auprès des forces de l'ordre" et "obligation de soins en addictologie".

La défense conteste le mobile homophobe

Par la voix de son avocate, le mis en cause reconnaît des violences réciproques mais conteste le mobile homophobe, affirmant ignorer l'homosexualité de la victime, tout comme sa qualité de policier. Selon son conseil, cité par RMC, il se trouvait en état d'ivresse au moment des faits. L'avocate met en avant un homme socialement inséré, qui cherche du travail dans le milieu du spectacle et n'a jamais été condamné. Elle le décrit comme "tout le contraire d'un bagarreur".

Pierre Picavet, qui rentrait chez lui un peu avant 4 heures du matin dans la nuit du vendredi 28 au samedi 29 août, a livré ce mardi son récit au micro de RMC. Le jeune homme lui aurait d'abord lancé une menace de mort accompagnée d'une insulte homophobe, avant de revenir à la charge, une bouteille de whisky à la main. "J'ai tout de suite sorti ma carte de police lui demandant d'arrêter mais il était encore plus déterminé à vouloir me frapper", a raconté le policier, qui s'est également exprimé auprès de Brut.

 

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Le président de FLAG ! dit avoir riposté d'un coup de poing avant d'être atteint à la tête par la bouteille. Immobilisé par son agresseur, il explique s'être dégagé de la seule manière possible : "Le seul moyen que j'ai eu de me dégager, c'était de le mordre et je l'ai mordu à la joue."Projeté à terre, il a perdu connaissance. Un témoin est intervenu pour tenir son agresseur à distance et l'a empêché de se relever alors qu'il voulait procéder à l'interpellation. Le policier a tenu à le remercier publiquement.

Plusieurs heures avant l'agression, le mis en cause avait déjà attiré l'attention dans le secteur. Selon Le Parisien, Pierre Picavet l'avait lui-même signalé aux effectifs de la brigade anticriminalité (BAC). Sur RMC, le policier indique pour sa part que des fonctionnaires rencontrés rue des Lombards, aux alentours de 21 heures, lui avaient signalé faire l'objet d'une surveillance visant ce jeune homme, qu'il a reconnu par la suite.

Une opération pour tenter de sauver son œil

Son état de santé reste préoccupant. Il souffre de fractures au niveau des sinus, d'une orbite touchée et d'un saignement intracrânien qui fait peser sur lui un risque de méningite. Des examens complémentaires sont prévus pour ses blessures à la mâchoire et à la joue, et une intervention chirurgicale doit être tentée pour sauver son œil.

Le policier conteste la version d'une altercation fortuite. Pour lui, celui qui l'a frappé "recherchait quelque chose" dans ce secteur du centre de la capitale. "Dans ce quartier il y a de plus en plus de personnes qui viennent pour dépouiller les LGBT, les frapper ou leur proposer des stupéfiants, c'est une réalité", a-t-il déclaré sur BFMTV, en disant se sentir menacé en raison de son orientation sexuelle aussi bien à Paris qu'ailleurs en France. Il appelle à ne pas rester spectateur face à de tels faits : "Quand on voit des faits aussi horribles, il ne faut pas hésiter à les dénoncer et à appeler la police."

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