Caen : Un ex-gendarme condamné pour la détention de près de 6 500 images pédopornographiques

Près de 6 500 images pédopornographiques ont été retrouvées dans le matériel informatique de cet ex-militaire de la Manche, repéré grâce à un signalement de Tracfin. Le tribunal de Caen l'a condamné, ce jeudi 4 juin, à deux ans de prison avec sursis probatoire.
Caen : Un ex-gendarme condamné pour la détention de près de 6 500 images pédopornographiques
Le tribunal de Caen. (Illustration / Shutterstock)
Par Actu17
Le vendredi 5 juin 2026 à 15:48

Un ancien gendarme de la brigade de Saint-Vaast-la-Hougue (Manche), âgé de 38 ans et père de famille, a été condamné ce jeudi 4 juin par le tribunal de Caen (Calvados) à deux ans d'emprisonnement avec sursis probatoire de trois ans, assortis d'une injonction de soins, d'une interdiction d'exercer au contact de mineurs pendant dix ans et de l'inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles. Il lui était reproché la détention et la consultation de près de 6 500 images pédopornographiques.

L'enquête a débuté en 2025 avec une alerte de Tracfin, la cellule de Bercy chargée de traquer les flux financiers suspects. Le versement de sommes en cryptoactifs au profit d'une plateforme hébergeant ce type d'images avait mis les enquêteurs sur la piste du militaire. Selon Ouest-France, les faits ont été commis entre 2020 et 2025.

Des filles de 9 à 12 ans et des fichiers effacés

L'analyse de ses appareils a révélé quelque 6 500 images, auxquelles s'ajoutaient 7 000 autres fichiers que le gendarme avait supprimés. D'après Ici, les contenus mettaient majoritairement en scène des filles âgées de 9 à 12 ans : des photos dénudées, des vidéos de scènes de viol et des images de zoophilie. Les enquêteurs ont également retracé des connexions vers des sites ciblés, notamment sur le darknet. Le gendarme se réfugiait dans la salle de bain, en soirée, pour visionner ces contenus loin de ses proches. Les mots-clés relevés à l'audience ont écarté toute thèse d'un téléchargement involontaire.

Une première interpellation, en décembre 2025, n'avait pas suffi à établir clairement les faits. Les enquêteurs avaient toutefois saisi ses appareils pour les passer au crible. Lors d'une seconde garde à vue, le 6 janvier 2026, il a reconnu la majeure partie des faits qui lui étaient reprochés, rapporte France 3. À la barre, il avait d'abord soutenu que "ces images arrivaient de manière intempestive" alors qu'il se trouvait "sur des sites pornographiques classiques", une version démentie par les investigations.

À la barre, le prévenu invoque une «addiction»

Tête baissée à l'audience, l'homme a évoqué une "addiction" à la pornographie, née à l'âge de 15 ans, qui a peu à peu "glissé" vers la pédopornographie. "Vous avez des enfants qui ont ces âges, vous n'imaginez pas qu'il y a des enfants derrière ces photos et vidéos ?", l'a interrogé la présidente du tribunal. "Quand on consulte, on ne pense pas à ça", a-t-il répondu, selon Ici. Il a indiqué avoir engagé un suivi auprès d'un psychologue et d'un addictologue.

La procureure de la République a vu dans "ce comportement de plus en plus désinhibé, un signal d'alerte d'un potentiel passage à l'acte" et a requis trois ans de suivi sociojudiciaire assortis d'une injonction de soins. La défense, assurée par Me Sibout, a plaidé un "distinguo entre consultation et action" et réclamé un sursis probatoire "qui lui donnerait le cadre dont il est lui-même demandeur".

Au-delà de la peine prononcée, le gendarme a été suspendu de ses fonctions puis radié en mai dernier, la Direction générale de la gendarmerie nationale ayant officialisé sa sortie des rangs. Il a aussi dû libérer le logement de service que la famille occupait dans l'enceinte de la caserne. L'affaire a provoqué une onde de choc dans cette petite commune du Val de Saire, où sa compagne, assistante maternelle, gardait des enfants à leur domicile, précise France 3.