Le mardi 8 septembre 2026 à 13:25
Un automobiliste de 36 ans, poursuivi après une course-poursuite au cours de laquelle trois policiers ont été blessés à Calais (Pas-de-Calais), a été remis en liberté ce lundi 7 septembre par le tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer. Le centre pénitentiaire de Longuenesse n'a pas été en mesure de l'extraire de sa cellule pour le conduire à son procès, qui a été renvoyé au 2 novembre prochain.
C'est une voiture roulant à vive allure sur les quais qui a attiré l'attention des policiers, le mercredi 2 septembre au soir. "Il roulait déjà vite quand on l'a aperçu quai Lucien Lheureux", a raconté à La Voix du Nord l'une des fonctionnaires présentes ce soir-là. Le conducteur aurait ensuite franchi un feu rouge sur le boulevard Curie. Les policiers ont décidé de procéder à son contrôle mais l'homme a refusé de s'arrêter et a accéléré.
Trois policiers blessés lors de l'interpellation
Une course-poursuite s'est alors engagée dans les rues de la ville et dans le quartier Saint-Pierre. Il a remonté la rue de Valenciennes à contresens, à vive allure, avant de laisser sa voiture sur place et de continuer à courir. Les policiers du groupe de sécurité de proximité (GSP) ont réussi à le coincer rue du Four-à-Chaux, puis à l'interpeller place Crèvecœur, au terme d'une arrestation difficile. Trois fonctionnaires ont été blessés.
Alcoolisé au volant, le mis en cause se serait présenté sous une fausse identité au commissariat, avant que les fonctionnaires ne parviennent à l'identifier, selon Radio6. Placé en garde à vue, il a ensuite été placé en détention provisoire dans l'attente de son procès, fixé au lundi 7 septembre.
Une «carence totale et absolue de moyens» pour l'extraire de sa cellule
Mais l'audience n'a pas pu se tenir. Le matin même, le centre pénitentiaire de Longuenesse a alerté le tribunal sur une "carence totale et absolue de moyens" pour extraire le prévenu de sa cellule et l'acheminer jusqu'à Boulogne-sur-Mer. La juridiction a proposé de tenir les débats en visioconférence : le Calaisien a refusé.
Le sort du dossier a alors donné lieu à un débat juridique. Pour Me Sanaa Znaïdi, son avocate, il était impossible de statuer sur le maintien en détention de son client hors sa présence. Le procureur adjoint Patrick Leleu plaidait pour un report à l'audience du 9 septembre. Les magistrats ont finalement renvoyé l'affaire au 2 novembre, en ordonnant la remise en liberté du prévenu "sans délais".
«Il a eu de la chance de ne pas avoir tué quelqu'un»
Une décision difficile à entendre pour la policière blessée à la main, qui s'était déplacée au tribunal. "C'est décevant. (...) Il a eu de la chance de ne pas avoir tué quelqu'un. Il était alcoolisé au volant, sans contrôle technique, en récidive pour les violences", a réagi la fonctionnaire, auprès de nos confrères.
Poursuivi notamment pour refus d'obtempérer, rébellion et violences sur personne dépositaire de l'autorité publique, le trentenaire avait déjà été condamné le 9 septembre 2021 pour des faits de violences visant des policiers. En état de récidive légale, il encourt une peine pouvant aller jusqu'à dix ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende. Il conteste les faits qui lui sont reprochés.