Le samedi 8 août 2026 à 11:25
Une femme de 27 ans a été mise en examen et placée en détention provisoire ce vendredi, deux jours après avoir porté deux coups de couteau à l'épaule d'un gendarme à la sortie de la gare de Colmar, dans le Haut-Rhin. Le militaire, un adjudant de 28 ans, était en civil et hors service lorsqu'il a tenté d'interpeller la mise en cause. Quatre chefs ont été retenus contre elle, dont celui de tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique, selon un communiqué du procureur de la République de Colmar, Jean Richert.
Les faits se sont déroulés ce mercredi 5 août à bord du TGV reliant Mulhouse à Colmar. Une "rixe" y est survenue "entre une femme de 27 ans et sa compagne, âgée de 29 ans, au cours de laquelle celle-ci subissait des violences et des menaces", relate le parquet. Plusieurs voyageurs sont intervenus durant le trajet, dont un militaire de l'armée de terre, "parvenant à séparer l'auteur des violences de la victime".
Le gendarme attendait son train à la gare
À l'arrivée du train en gare de Colmar, la mise en cause a quitté le wagon et est passée à proximité d'un gendarme qui, "en position de repos et en civil, attendait son train". Le militaire a alors décidé "compte tenu de la présence de l'arme et des menaces proférées de la suivre, afin de procéder à son interpellation, secondé par son homologue de l'armée de terre", précise le communiqué.
Au niveau de la sortie de la gare, rue du Tir, le gendarme est arrivé à la hauteur de la femme et a énoncé "clairement et à plusieurs reprises sa qualité de gendarme" avant de tenter de l'interpeller. Selon le parquet, "l'intéressée se saisissait alors d'un couteau en céramique, d'une longueur d'environ 15 cm, et menaçait et tentait de frapper le gendarme, alors que celui-ci parvenait à l'éloigner et que le second militaire tentait de saisir le bras de l'auteure des violences".
Le sous-officier s'est ensuite rapproché de la mise en cause. Celle-ci "tentait une première fois de le frapper avec son couteau puis parvenait à lui porter deux coups au niveau de l'épaule", poursuit le communiqué. La femme a finalement été mise au sol et maîtrisée par plusieurs voyageurs ainsi que par le militaire de l'armée de terre, avant d'être menottée par un équipage de la police municipale de Colmar.
Affecté au groupement de gendarmerie du Haut-Rhin, l'adjudant a souffert d'une blessure à l'épaule. Son pronostic vital n'a pas été engagé et son incapacité totale de travail (ITT) a initialement été estimée entre 10 et 15 jours, selon les premiers éléments médicaux.
«Il avait craint pour la sécurité des voyageurs»
Entendu par les enquêteurs, le gendarme a confirmé qu'"ayant vu la mise en cause porter un couteau et proférer des menaces, il avait craint pour la sécurité des voyageurs et avait suivi l'intéressée pour l'interpeller". Il a précisé "avoir senti un coup de couteau alors qu'il tentait de la neutraliser mais qu'il était parvenu néanmoins à maintenir son emprise malgré sa blessure, aidé en cela par le second militaire", ajoute le parquet. Il a déposé plainte.
De son côté, la compagne de la mise en cause a déclaré avoir "été victime de violences et de menaces précédant le trajet en train" et affirmé que celle-ci "lui avait également confisqué son téléphone et sa carte de crédit". Elle a elle aussi porté plainte.
Trois condamnations à son casier judiciaire
Placée immédiatement en garde à vue dans le cadre d'une enquête de flagrance confiée au service local de police judiciaire (SLPJ) de Colmar, la mise en cause a déclaré "qu'elle avait des souvenirs confus et qu'elle ne se souvenait pas précisément des faits". Elle avait déjà été condamnée à trois reprises : en septembre 2024 par le tribunal correctionnel de Colmar à 600 euros d'amende et six mois de suspension du permis de conduire pour conduite après usage de stupéfiants et défaut d'assurance, en octobre 2024 par celui de Strasbourg à quatre mois d'emprisonnement avec sursis pour rébellion et outrage à personne dépositaire de l'autorité publique, puis en mars 2026 par celui de Mulhouse à 105 heures de travail d'intérêt général pour dégradation du bien d'autrui et menaces de mort.
Déférée ce vendredi au parquet de Colmar, elle a fait l'objet de l'ouverture d'une information judiciaire et a été mise en examen pour tentative de meurtre sur une personne dépositaire de l'autorité publique, violences suivies d'une incapacité n'excédant pas huit jours sur conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un Pacs, extorsion par violence, menace ou contrainte, et menace de crime contre les personnes avec ordre de remplir une condition par conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un Pacs. Elle a été placée en détention provisoire.