Le samedi 14 mars 2026 à 13:20
Vingt-six personnes soupçonnées d'appartenir à la DZ Mafia ont été mises en examen, dont 15 placées en détention provisoire, à l'issue de la vaste opération "Octopus" menée lundi 9 et mardi 10 mars. Le bilan a été annoncé ce samedi 14 mars par Nicolas Bessone, procureur de la République à Marseille, lors d'une conférence de presse. Préparée depuis plus de 18 mois par des juges d'instruction de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Marseille, l'opération a mobilisé quelque 900 gendarmes, appuyés par le GIGN, et visait à frapper "le cœur" de cette organisation criminelle qui prospère autour du narcotrafic.
L'enquête, pilotée par la section de recherches de la gendarmerie de Marseille, a conduit à l'interpellation de 42 personnes dans plusieurs départements, notamment les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse et le Gard. Elle vise notamment "la direction d'un groupement ayant pour activité le trafic de drogue", mais aussi la "participation à une association de malfaiteurs" et le "blanchiment aggravé". La DZ Mafia est tout sauf "une construction policière ou journalistique", a insisté le procureur.
«Une véritable féminisation du narcobanditisme»
Parmi les 26 personnes mises en examen figurent "17 hommes et neuf femmes", ce qui témoigne selon Nicolas Bessone d'une "véritable féminisation du narcobanditisme". La "moyenne d'âge est de 28 ans", a-t-il précisé. "Sur les 26 personnes, 20 personnes sont originaires de Marseille ou des Bouches-du-Rhône, ce qui nous permet de dire ce que nous savions déjà, que DZ Mafia est une organisation criminelle marseillaise", a détaillé le procureur. Il a par ailleurs ajouté que "certains ont reconnu tout ou partie des faits qui leur sont reprochés, d'autres les ont farouchement niés".
Cinq des mis en examen étaient déjà détenus au moment de l'opération, dont quatre dans des prisons de haute sécurité. Parmi eux figurent les trois chefs présumés de l'organisation : Amine O. dit "Mamine", Gabriel O. alias "Gaby", et Madhi Z. surnommé "La Brute".
Un avocat lyonnais écroué pour corruption
Le procureur a également révélé qu'un avocat lyonnais figurait parmi les mis en examen. Il a été écroué. Soupçonné d'avoir été corrompu, il aurait permis à un des trois chefs présumés, détenu à la prison de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais), de communiquer avec l'extérieur. Ces prisons de haute sécurité avaient pourtant été voulues par le gouvernement pour entraver les narcotrafiquants qui continuaient de piloter leurs activités depuis leur cellule. Malgré ce dispositif, ce détenu a pu échanger via la ligne téléphonique ouverte par l'avocat, des courriers soumis au secret professionnel ou encore l'ordinateur de ce dernier, a détaillé Nicolas Bessone. Selon une source proche de l'enquête, cet avocat devait défendre fin mars un des chefs présumés dans un dossier de double homicide commis en 2019.
Enfin, deux rappeurs sont également mis en cause dans ce dossier : Dika a été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire, tandis que KITKVT a été placé en détention provisoire.