Le jeudi 15 janvier 2026 à 12:16
Yannick Agnel sera jugé devant la cour criminelle du Haut-Rhin pour des faits de viol et d'agression sexuelle commis en 2016 sur Naomé Horter, alors âgée de 13 ans. La Cour d'appel de Colmar (Haut-Rhin) a confirmé l'existence de charges suffisantes et rejeté le recours formé par l'ancien nageur, aujourd'hui âgé de 33 ans. La plaignante, fille de son ex-entraîneur Lionel Horter, avait déposé plainte à l'été 2021. Mis en examen en décembre 2021, Yannick Agnel encourt jusqu'à 20 ans de réclusion.
La Cour d'appel de Colmar a estimé que les charges rassemblées au cours de l'enquête étaient suffisantes pour justifier le renvoi de Yannick Agnel devant la cour criminelle du Haut-Rhin. L'ancien champion olympique contestait ce renvoi, mais la juridiction a validé l'analyse des magistrats instructeurs et maintenu la qualification de viol et d'agression sexuelle sur mineure. À l'issue de cette décision, l'avocat de la plaignante s'est dit "satisfait pour sa cliente".
Les faits reprochés remontent à l'année 2016, alors que le nageur évoluait au Mulhouse Olympic Natation et était hébergé chez son entraîneur, Lionel Horter, à Mulhouse (Haut-Rhin). Naomé Horter, licenciée elle aussi au club à cette période, avait 13 ans au moment des faits, tandis que Yannick Agnel en avait 24. Les faits se seraient déroulés sur plusieurs mois, entre le 1er janvier et le 31 août 2016, en différents lieux : à Mulhouse, mais également lors de déplacements à l'étranger, notamment en Thaïlande dans le cadre de stages du club et à Rio de Janeiro, lors des Jeux olympiques de 2016.
Une enquête avait été ouverte à l'été 2021 après le dépôt de plainte de Naomé Horter, qui a depuis quitté le milieu de la natation. Dans le cadre de ces investigations, Yannick Agnel avait été placé en garde à vue pendant 48 heures avant d'être mis en examen le 11 décembre 2021. À l'époque, la procureure de la République, Edwige Roux-Morizot, avait déclaré qu'il avait "reconnu la matérialité des faits reprochés, même si pour certains viols il a un problème de mémoire".
Une «véritable contrainte morale»
Depuis le début de la procédure, Yannick Agnel admet avoir entretenu une relation avec la jeune nageuse, mais il la décrit comme consentie et amoureuse et réfute toute emprise. La ligne de défense de l'ancien sportif s'oppose frontalement à l'analyse du parquet. Pour la procureure Edwige Roux-Morizot, les faits étaient "constitutifs de viols et d'agressions sexuelles en raison de la différence d'âge" et d'une "véritable contrainte morale". Ces éléments ont conduit à la mise en examen du nageur pour viols et agressions sexuelles sur mineure.
La défense de Yannick Agnel dispose désormais d'un délai de cinq jours pour former un pourvoi en cassation contre l'arrêt de la Cour d'appel de Colmar. Si ce recours n'est pas exercé, ou s'il est rejeté, l'ancien champion olympique sera jugé devant la cour criminelle du Haut-Rhin, compétente pour les crimes, dont les viols. Ce procès devra déterminer les responsabilités pénales de l'ex-nageur international, qui encourt une peine maximale de 20 ans de réclusion criminelle.
Double champion olympique à Londres en 2012 sur le 200 m nage libre et le relais 4x100 m nage libre, puis double champion du monde en 2013 sur les mêmes épreuves, Yannick Agnel reste l'une des figures majeures de la natation française. Son renvoi devant une juridiction criminelle crée un contraste marqué entre son palmarès et la gravité des faits qui lui sont aujourd'hui reprochés.