Longuenesse : Arrêtés près de la prison avec une arme et un drapeau de l'EI, deux frères écroués pour terrorisme

Arrêtés près de la prison de Longuenesse avec une arme et un drapeau de l'État islamique, deux frères de 20 et 22 ans ont été mis en examen et écroués pour association de malfaiteurs terroriste criminelle. Le PNAT évoque un projet "mortifère et antisémite".
Longuenesse : Arrêtés près de la prison avec une arme et un drapeau de l'EI, deux frères écroués pour terrorisme
Illustration. (Sergey Novikov / Shutterstock)
Par Actu17
Le lundi 16 mars 2026 à 10:50

Deux frères de 20 et 22 ans ont été mis en examen dimanche et écroués pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, acquisition, détention et transports d'armes de catégorie B et de munitions en relation avec une entreprise terroriste. Elyasse H. et Moad H., de nationalités italienne et marocaine, avaient été arrêtés dans la nuit du 9 au 10 mars près de la prison de Longuenesse (Pas-de-Calais), en possession notamment d'une arme semi-automatique et d'un drapeau de l'État islamique.

Selon le Parquet national antiterroriste (PNAT), les deux hommes nourrissaient un projet terroriste qualifié de "mortifère et antisémite".

Un drone repéré au-dessus de la prison

Tout est parti d'un signalement des agents pénitentiaires, qui ont repéré un drone survolant le centre pénitentiaire de Longuenesse. Les effectifs de police du commissariat de Saint-Omer, en patrouille, ont alors procédé "au contrôle d'un véhicule stationné à proximité de l'établissement", avec deux hommes à bord. Dans la boîte à gants, les fonctionnaires ont découvert "une arme semi-automatique chargée de munitions de 9 mm, une bouteille d'acide chlorhydrique, de l'aluminium ainsi qu'un drapeau de l'organisation terroriste État islamique, étendu au niveau de l'appuie-tête du siège conducteur du véhicule", a détaillé le PNAT. Les deux occupants ont été immédiatement placés en garde à vue.

Les investigations ont été confiées à la Sous-direction antiterroriste (SDAT), service coordonnateur, à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et à la direction zonale de la police nationale Nord. Elles ont également été "conduites en lien avec les autorités belges dans le cadre de la coopération judiciaire européenne", a précisé le parquet.

Elyasse H., 22 ans et étudiant en école d'ingénieur, et Moad H., 20 ans et sans emploi, sont arrivés en France en 2017 avec leurs parents, après plusieurs années passées en Italie.

«Ils aspiraient au martyr»

En garde à vue, les deux frères ont reconnu avoir véhiculé un mineur "pour assurer une livraison par drone au centre pénitentiaire de Longuenesse moyennant rémunération". "Ils ont par ailleurs reconnu nourrir depuis quelques semaines, face au constat de l'impossibilité de partir mener le djihad au Sham ou en Palestine, un projet terroriste en France pour lequel ils aspiraient au martyr", a indiqué le PNAT.

"Outre l'abondante propagande djihadiste consultée depuis plusieurs mois, l'exploitation des supports numériques saisis ainsi que les déclarations de leur entourage familial traduisent une radicalisation des deux frères depuis 2 ans, ainsi qu'une nette intensification, dans les jours précédant leur interpellation, de leur engagement djihadiste et des démarches entreprises dans un projet terroriste dont le caractère mortifère et antisémite apparaît établi", a souligné le PNAT.

"Plusieurs photographies et vidéos au cours desquelles ils se mettent en scène en utilisant des armes à feu ou en exhibant un couteau, en tenue de combattant, l'index levé vers le ciel devant le drapeau de l'État islamique, ainsi que des échanges avec différents interlocuteurs sur des messageries cryptées dans les jours et semaines précédant leur interpellation, visant notamment à la recherche d'armes de poing ou de fusils d'assaut laissent présager de l'imminence d'un passage à l'acte violent", a estimé le parquet. Une vidéo d'allégeance à l'État islamique réalisée par Moad H. le 7 mars a également été découverte. Ce dernier apparaît "en contact avec plusieurs personnes radicalisées ou mises en examen ou condamnées pour une infraction terroriste".

Cinq autres interpellations et dessaisissement du PNAT

Cinq autres personnes ont été interpellées dans cette affaire : quatre détenus du centre de détention de Longuenesse, placés en garde à vue les 10 et 11 mars, soupçonnés d'avoir bénéficié de la livraison par drone, et un mineur, placé en garde à vue le 12 mars, identifié comme le pilote du drone. Une perquisition menée au domicile familial des deux frères a permis la découverte de plus de 7000 euros en espèces ainsi que de divers supports numériques. Leur mère, trouvée en possession d'une "arme 8 mm de catégorie B ainsi que de 30 munitions de calibre 9 mm, outre 50 cartouches", qu'elle a tenté de dissimuler, a été placée en garde à vue. Cette mesure a été levée le 14 mars, mais une information judiciaire a été ouverte à son encontre pour "soustraction de l'objet d'un crime ou d'un délit pour faire obstacle à la manifestation de la vérité".

"En l'absence de lien avéré, à ce stade des investigations, entre la livraison nocturne par drone au centre pénitentiaire de Longuenesse et les projets djihadistes des frères H.", le PNAT a annoncé qu'il allait se dessaisir au profit du parquet territorialement compétent pour les poursuites relatives aux délits connexes impliquant les cinq autres gardés à vue.