Le jeudi 23 juillet 2026 à 12:21
Trois des quatre suspects interpellés après le refus d'obtempérer au cours duquel un policier de la compagnie départementale d'intervention (CDI) a été grièvement blessé dans la nuit du lundi 20 au mardi 21 juillet à Marseille (10e arrondissement) ont été placés en détention provisoire. Le parquet de Marseille a ouvert une information judiciaire et le conducteur, âgé de 18 ans, a été mis en examen pour tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique, a annoncé le procureur de la République Nicolas Bessone dans un communiqué ce jeudi 23 juillet. Deux des trois mineurs qui étaient à bord du véhicule ont également été écroués. Le troisième, âgé de 13 ans, a été placé sous contrôle judiciaire.
Les décisions sont tombées ce mercredi, deux jours après les faits. "À l'issue de l'enquête de flagrance diligentée par la DCT, le parquet de Marseille ouvrait une information judiciaire des chefs tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique, vol aggravé, recel de vol, refus d'obtempérer aggravé, défaut de permis de conduire", indique le communiqué. L'enquête a été confiée à un juge d'instruction.
Le conducteur placé en détention provisoire
Le conducteur, seul majeur du groupe, "était mis en examen des chefs de tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique, refus d'obtempérer aggravé, conduite d'un véhicule sans permis, vol aggravé, recel de vol aggravé", précise le parquet. "Il était placé en détention provisoire."Le jeune homme est âgé de 18 ans et présente "un antécédent de détention d'arme lors de sa minorité".
Les trois autres occupants de la voiture ont eux aussi été présentés à la justice. "Les trois mineurs étaient mis en examen des chefs de complicité de refus d'obtempérer aggravé, recel de vol aggravé, vol aggravé", poursuit le communiqué. "Les deux mineurs âgés de 16 ans étaient placés en détention provisoire. Le mineur âgé de 13 ans était placé sous contrôle judiciaire, notamment avec placement en centre éducatif fermé."
Le parquet a détaillé le profil des adolescents : le plus jeune, âgé de 13 ans, n'a "aucun antécédent judiciaire", tandis que l'un des mineurs de 16 ans est "connu pour trafic de stupéfiants" et l'autre "notamment pour des faits de violences aggravées".
Un policier percuté lors d'une interception
Le procureur de la République est également revenu sur le déroulé des faits. "Le 20 juillet, les effectifs de police engageaient un contrôle routier d'un véhicule automobile au motif de l'absence de plaques d'immatriculation", rappelle-t-il. "Le conducteur refusait d'obtempérer et un dispositif d'interception était mis en place. Le véhicule persistait dans sa fuite et percutait violemment un policier dans la manœuvre avant de perdre le contrôle de la voiture. Les mis en cause étaient interpellés prenant la fuite à pied. Le véhicule s'avérait volé."
Selon les informations recueillies par Actu17, c'est peu avant minuit qu'un équipage de la brigade anti-criminalité (BAC) Sud a tenté de contrôler une Peugeot 208 dépourvue de plaques d'immatriculation. Une course-poursuite s'est engagée jusqu'à la cité Benza, sur le boulevard du Pont-de-Vivaux, où un équipage de la CDI s'est positionné avec un DIVA, un dispositif de barrage au sol destiné à stopper les véhicules en fuite. Le conducteur a tenté de le contourner. D'après l'une de nos sources, il a effectué une marche arrière à vive allure et percuté "délibérément" le fonctionnaire, projeté "à une vingtaine de mètres". La 208 a terminé sa course contre un terre-plein. Lors de la fouille de l'habitacle, les policiers ont découvert de fausses plaques d'immatriculation, une "doublette" reproduisant celles d'un autre véhicule du même modèle pour dissimuler la voiture volée.
La qualification criminelle maintenue
Le policier a été grièvement blessé. "La victime était grièvement blessée (multiples fractures). Son pronostic vital n'est plus engagé", écrit le parquet. Le fonctionnaire souffre notamment d'une fracture du fémur et d'une importante plaie à la tête. Transporté en réanimation à l'hôpital de la Timone, il a été opéré au cours de la nuit et placé sous coma artificiel.
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a dénoncé mardi sur le réseau social X un "nouvel acte criminel très grave", estimant que "ceux qui s'en prennent à nos policiers doivent être sévèrement punis". L'ouverture d'une information judiciaire du chef de tentative de meurtre sur personne dépositaire de l'autorité publique maintient, à ce stade, la qualification criminelle.