Policier roué de coups à Belfort : écroué depuis 10 jours, le principal suspect de 17 ans remis en liberté

La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon a infirmé ce mercredi l'ordonnance de placement en détention provisoire de l'adolescent de 17 ans, malgré les réquisitions du parquet général. Il reste mis en examen et sous contrôle judiciaire strict.
Policier roué de coups à Belfort : écroué depuis 10 jours, le principal suspect de 17 ans remis en liberté
Un commandant de police a été lynché à Belfort vendredi 2 octobre 2026. (capture écran vidéo / DR)
Par Actu17
Le jeudi 15 octobre 2026 à 00:31

Le lycéen soupçonné d'avoir participé au lynchage d'un commandant de police à Belfort (Territoire de Belfort), le 2 octobre, a retrouvé la liberté ce mercredi 14 octobre. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Besançon (Doubs) a infirmé l'ordonnance qui l'avait placé en détention provisoire. Âgé de 17 ans et de nationalité bulgare, l'adolescent était incarcéré depuis dix jours. Il est désormais placé sous contrôle judiciaire strict.

Les juges ont apporté une issue favorable à son avocat, Me Arié Alimi, qui avait fait appel de la décision d'incarcération. Le parquet général avait pourtant requis le maintien en détention du jeune homme, qui fêtera ses 18 ans à la fin du mois. Il a pris acte de la décision dans un communiqué : "Le parquet général n'entend pas exercer de recours contre cette décision."

Le lycéen est soumis à de nombreuses obligations. Il lui est interdit de quitter le territoire national et il doit rester à son domicile entre 19h30 et 7 heures. Il ne peut se rendre aux abords d'aucun établissement scolaire autre que le sien, ni prendre part à une manifestation, quelle qu'elle soit. Il a également interdiction de s'exprimer sur les réseaux sociaux et d'entrer en contact avec les quatre autres mineurs mis en examen dans ce dossier. Ces derniers sont tous sous contrôle judiciaire. Lui seul avait été envoyé en prison.

«Il n'aurait jamais dû aller en prison»

"Il n'aurait jamais dû aller en prison, c'est un traumatisme en soi", a réagi Me Arié Alimi devant la cour d'appel, selon ICI Belfort Montbéliard. L'avocat s'en est pris au procureur de la République de Belfort, Paul-Édouard Lallois, contre lequel il annonce vouloir engager des poursuites. Il accuse le magistrat d'avoir fait incarcérer son client "pour masquer le scandale de la tentative de noyade de ce jeune par un fonctionnaire de police". Il lui reproche aussi d'avoir saisi directement le juge des libertés et de la détention, en contournant selon lui le juge d'instruction. Sollicité par la radio, le procureur n'a pas souhaité réagir. Environ 200 personnes, en majorité des lycéens, s'étaient rassemblées dans la matinée devant le tribunal de Besançon pour soutenir l'adolescent.

Le jour des faits, le commandant, chef du renseignement territorial du département, avait suivi le lycéen jusqu'aux berges de la Savoureuse. Il le soupçonnait d'avoir pris part aux violences qui avaient éclaté devant le lycée Gustave-Courbet en marge de la mobilisation lycéenne. L'interpellation avait tourné à la lutte dans le lit de la rivière. L'officier n'avait réussi à menotter qu'un seul poignet du jeune homme. De retour au milieu des manifestants, le policier avait été jeté au sol et roué de coups, notamment à la tête, et avait brièvement perdu connaissance. En garde à vue, le lycéen a reconnu lui avoir porté deux coups de pied à la tête. Il est mis en examen notamment pour violences aggravées, commises en réunion et par une personne dissimulant son visage, sur un policier. Trois autres lycéens ont été mis en examen le 8 octobre, portant à cinq le nombre de mineurs poursuivis.

Une plainte pour tentative de meurtre confiée à l'IGPN

L'adolescent a de son côté déposé plainte pour "tentative de meurtre" contre le commandant, qu'il accuse d'avoir voulu le noyer en lui maintenant la tête sous l'eau. Cette procédure a été dépaysée au parquet de Vesoul (Haute-Saône), qui a confié l'enquête à l'IGPN.