Policière rouée de coups à Paris : un suspect de 15 ans sera jugé en février prochain

Le juge des enfants a refusé de placer sous contrôle judiciaire un garçon de 15 ans soupçonné d'avoir frappé une lieutenante de police stagiaire en marge du blocage des lycées. Le parquet de Paris a fait appel de cette décision.
Policière rouée de coups à Paris : un suspect de 15 ans sera jugé en février prochain
Une policière a été rouée de coups, dans le XXe arrondissement de Paris, le 1er octobre 2026. (capture écran vidéo / DR)
Par Actu17
Le vendredi 9 octobre 2026 à 19:00

Un adolescent de 15 ans, soupçonné d'avoir participé à l'agression d'une lieutenante de police stagiaire de la préfecture de police le 1er octobre à Paris, sera jugé le 23 février 2027 par le tribunal pour enfants. Le parquet de Paris avait demandé son placement sous contrôle judiciaire, mais le juge des enfants l'a refusé. Le ministère public a annoncé avoir fait appel.

Ce jeudi-là, la jeune policière s'est retrouvée isolée de ses collègues avenue Gambetta après s'être repliée tardivement lors d'une opération de maintien de l'ordre, selon une source proche de l'affaire. Poursuivie et insultée par plusieurs individus, elle a chuté après un croche-pied, puis a été frappée à coups de pied alors qu'elle se trouvait au sol, comme l'avait révélé Actu17. La scène a été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux.

Les faits se sont produits en marge du blocage des lycées, précise le parquet de Paris. Après la diffusion des images, il "a ouvert une enquête confiée à la sûreté territoriale (ST) des chefs de violences en réunion sur personne dépositaire de l'autorité publique".

Un garçon de 15 ans inconnu de la justice

Les investigations ont permis d'identifier un premier suspect. Inconnu de la justice, ce garçon de 15 ans a été placé en garde à vue ce lundi 5 octobre. Il a été déféré devant le procureur de la République mercredi, en vue d'une convocation par procès-verbal devant le tribunal pour enfants. Il est poursuivi pour violence sur un fonctionnaire de la police nationale ayant entraîné une incapacité totale de travail (ITT) n'excédant pas 8 jours. Les faits sont aggravés par au moins deux circonstances : ils ont été commis en réunion et lors d'une manifestation sur la voie publique.

Le parquet de Paris fait appel

Lors du déferrement, le parquet avait réclamé plusieurs obligations : une interdiction de participer à une manifestation sur la voie publique, une obligation de scolarité et une interdiction de paraître sur la voie publique entre 20 heures et 7 heures. Dans l'attente de l'audience, le juge des enfants a choisi une autre voie : une mesure judiciaire éducative provisoire, assortie d'un couvre-feu de 21 heures à 6 heures. "Le parquet de Paris interjette appel des ordonnances refusant le placement sous contrôle judiciaire et instituant une mesure judiciaire éducative provisoire", indique le ministère public.

Les autres agresseurs de la policière sont toujours recherchés. "Les investigations se poursuivent sous la direction du parquet de Paris pour identifier et interpeller les autres mis en cause impliqués dans ces faits", souligne le parquet. Le soir de l'agression, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez avait assuré que les auteurs seraient "retrouvés et poursuivis en justice".