Le samedi 1 novembre 2025 à 14:01 - MAJ samedi 1 novembre 2025 à 19:44
Deux policiers du dépôt du tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) ont été mis en examen pour viol aggravé, après qu’une femme a affirmé avoir été violée à deux reprises dans la nuit du 28 au 29 octobre 2025, à l’intérieur même du dépôt. Les deux fonctionnaires de police, poursuivis pour "viols et agressions sexuelles par personnes abusant de l’autorité que leur confèrent leurs fonctions", ont été placés en détention provisoire, a annoncé samedi soir le parquet de Paris.
Selon le communiqué de la procureure de la République, Laure Beccuau, "le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire contre deux fonctionnaires de police des chefs de viols et agressions sexuelles par personnes abusant de l’autorité conférée par leurs fonctions". Les policiers "ont été mis en examen des chefs susvisés à l’issue de leurs interrogatoires de première comparution" et "placés en détention provisoire par ordonnances du juge des libertés et de la détention, sur réquisitions conformes du parquet".
Les faits dénoncés concernent une femme "déférée au parquet de Bobigny pour des faits de soustraction par un parent à ses obligations légales compromettant la santé, la sécurité, la moralité ou l’éducation de son enfant", précise encore le parquet. C’est à cette occasion qu’elle a révélé "avoir fait l’objet de viols dans la nuit du 28 au 29 octobre 2025 par deux fonctionnaires de police en poste au dépôt du tribunal judiciaire de Bobigny".
Une "enquête de flagrance avait été immédiatement ouverte" et l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN) "saisie des faits", ajoute le communiqué. Les deux fonctionnaires avaient été placés en garde à vue le 30 octobre. L’enquête a ensuite été "dépaysée au profit du parquet de Paris" le même jour.
La scène a été filmée
Les deux policiers reconnaissent avoir eu des relations sexuelles avec la plaignante mais affirment qu’elles étaient consenties. Selon une source proche de l’enquête, une vidéo de la scène, sans le son, a été retrouvée dans le téléphone d’un des deux fonctionnaires.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a dénoncé des faits "extraordinairement graves et inacceptables" s’ils sont avérés. "J’ai demandé que l’on fasse toute la lumière sur ces faits, afin de comprendre comment cela a pu se produire", a-t-il déclaré. Le ministre a également affirmé que "si l’enquête en cours conclut que des faits criminels ont été commis, et que l’honneur des policiers a été sali, il va de soi que des sanctions seront prises", assurant que sa "fermeté sera totale".
Les investigations se poursuivent désormais "sous la direction du magistrat instructeur saisi", a conclu la procureure de la République, Laure Beccuau.