Le coronavirus pourrait «ne jamais disparaître» prévient l’OMS, et se transmettrait même par la parole


Des piétons à Los Angeles durant la crise sanitaire du coronavirus, le 26 mars dernier. Illustration. (Shutterstock / StoopDown)

Le Covid-19 pourrait « ne jamais disparaître » a prévenu l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ce mercredi. Une étude montre également que le coronavirus se transmettrait même par la parole.


Le coronavirus pourrait représenter un problème pendant longtemps si l’on en croit les dernières déclarations de l’OMS. « Nous avons un nouveau virus qui pénètre la population humaine pour la première fois et il est en conséquence très difficile de dire quand nous pourrons le vaincre », a expliqué Michael Ryan, le directeur des questions d’urgence sanitaire à l’OMS, lors d’une conférence de presse virtuelle à Genève.

« Ce virus pourrait devenir endémique dans nos communautés, il pourrait ne jamais disparaître », a-t-il ajouté.

Un vaccin dans 12 à 24 mois

Le vaccin pourrait représenter la meilleure solution mais ça ne sera pas pour tout de suite. Une fourchette a été donnée à plusieurs reprises pour l’élaborer, elle est comprise entre 12 et 24 mois. Il faut également ajouter le temps de la mise à disposition massive du vaccin à travers la planète puis de son utilisation par les populations.

Un vaccin « semble pour l’instant la meilleure solution », a insisté l’Indienne Soumya Swaminathan, scientifique en chef de l’OMS, au Financial Times. Cette dernière a mis en garde contre les incertitudes au sujet de son efficacité et sa sécurité, mais également sa production et sa distribution à travers le monde. Soumya Swaminathan estime qu’il faudra « quatre ou cinq ans » avant de « pouvoir envisager de contrôler » l’épidémie.


Il faut également espérer que le Covid-19 ne mute pas, ce qui rendrait le vaccin inefficace. Un problème majeur rencontré avec le VIH, qui fait qu’aucun vaccin n’a été mis au point concernant le Sida, pour l’heure.

Un avertissement au sujet des immunités de groupe

D’autre part, l’OMS a mis en garde contre les observateurs qui évoquent des immunités de groupe, qui revient à expliquer qu’une fois qu’une grande partie de la population a été contaminée, l’épidémie pourrait disparaître. « Les humains ne sont pas des troupeaux », a lancé Michael Ryan ce lundi.

Une étude de l’Institut Pasteur récente a d’ailleurs montré que moins de 6% des Français avaient été contaminés par le Covid-19 à ce stade. Bien loin donc des 70 à 80% évoqués par ces observateurs, alors même qu’on ne sait toujours pas si les patients qui ont déjà été contaminés, sont réellement protégés d’une nouvelle infection du même type.

Les microgouttelettes de salive générées par la parole peuvent rester suspendues dans l’air

Autre information qui pourrait renforcer le rôle et l’usage du masque. Une étude publiée mercredi dans la revue PNAS, montre que les microgouttelettes de salive générées par la parole peuvent rester suspendues dans l’air d’un espace fermé pendant plus de 10 minutes, et seraient ainsi un facteur de contamination.

Jusqu’ici, seuls la toux et les éternuements avaient été identifiés comme pouvant augmenter considérablement le risque de transmission du virus. Selon ces dernières recherches, lorsque l’on parle, on projette également des microgouttelettes invisibles de salive, qui peuvent contenir des particules virales. Plus elles sont petites, plus elles restent longtemps en suspension dans l’air, tandis que les plus lourdes, retombent plus rapidement au sol.

Les chercheurs tentent encore de quantifier ce mode de contamination pour le Sars-Cov-2, une étude du même type a déjà été réalisée pour d’autres virus comme la rougeole.

Près de 300 000 morts dans le monde jusqu’ici

La pandémie de coronavirus a fait près de 300 000 morts dans le monde et 4,3 milliions de personnes ont été contaminées selon les chiffres de Johns Hopkins ce jeudi. Aux États-Unis, pays le plus touché, plus de 84 000 décès ont été dénombrés dont près de 1400 ce mercredi.