Le pistolet à impulsion électrique va remplacer la méthode «d’étranglement» dans la police


Illustration. (photo Lionel VADAM/PHOTOPQR/L'EST REPUBLICAIN/MAXPPP)

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a annoncé ce lundi la fin de l’utilisation de la méthode dite « d’étranglement » par les forces de l’ordre. Pour compenser cette suppression, l’utilisation du pistolet à impulsion électrique va être généralisée.

La décision de mettre fin à la méthode « d’étranglement » utilisée par les forces de l’ordre pour interpeller un individu violent, a provoqué de vives réactions chez les syndicats de policiers. Ces derniers réclament d’autres méthodes pour maîtriser ces individus violents qui refusent de se soumettre à leur interpellation. Des situations rencontrées très régulièrement sur le terrain.

Pour palier à l’absence de cette technique, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a décidé de généraliser la dotation du pistolet à impulsion électrique (PIE) aux forces de l’ordre révèle Le Parisien.

Une mesure que le ministre devait annoncer ce mardi matin lors de sa conférence de presse, après un déplacement au commissariat d’Evry (Essonne) en présence du chef du gouvernement Édouard Philippe. Cette décision sera finalement communiquée aux syndicats de policiers jeudi et vendredi précise le quotidien.

L’utilisation n’est pas enseignée en école de police actuellement

Il s’agirait d’une nouvelle étape importante dans la police nationale puisque l’utilisation de cette arme intermédiaire n’est actuellement pas enseignée en école de police. Chaque fonctionnaire doit obtenir une habilitation, après avoir effectué un stage de plusieurs jours, pour pouvoir porter et utiliser cette arme. En outre, son emploi est soumis à des règles et des cadres stricts.


« Nous avons déjà des stands de tir pour le pistolet automatique », a rapporté un gradé affecté dans une école de police, au quotidien francilien, ajoutant qu’il n’avait pas reçu d’instruction visant à former les élèves aux PIE pour l’heure.

Quant aux syndicats de policiers, ils se montrent sceptiques quant à la généralisation de l’emploi de cette arme intermédiaire. « En vérité, la méthode de l’étranglement est la seule solution pour éviter que les interpellations se transforment en combat de rue », réagit Matthieu Valet secrétaire national adjoint du syndicat indépendant des commissaires (SICP).

Un investissement sera obligatoire

D’autre part, le ministère de l’Intérieur sera dans l’obligation d’investir massivement pour équiper les policiers sur l’ensemble du territoire. « Dans notre commissariat, nous n’avons que trois taser (la marque américaine du PIE, ndlr) pour une dizaine de patrouilles par jour en moyenne », nous explique un officier de police en région parisienne. La situation est comparable dans la majorité des commissariats de province apprend-on de sources policières.

L’utilisation du PIE présente également des risques, notamment pour les personnes qui souffrent de problèmes cardiaques, chez qui l’utilisation de cette arme peut s’avérer dangereuse, voire létale. En outre, il n’est pas possible de faire usage d’un PIE lorsque du gaz lacrymogène a été employé dans le même temps, sous peine de provoquer une flamme. L’arme présente néanmoins l’avantage de filmer lorsqu’elle est utilisée.

Aux États-Unis, 334 cas de décès ont été recensés entre juin 2001 et août 2008 après l’usage d’un pistolet à impulsion électrique montre un rapport d’Amnesty International.